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Je n’ai pas vraiment de théorie à vous exposer concernant ma trop longue absence en ces lieux. Peut-être étais-je simplement trop occupée à me concentrer sur une autre théorie, celle du nuage ?

Je vous explique : La théorie du nuage sera le quatrième spectacle de la compagnie Petite Nature, une nouvelle fois écrit et mis en scène par Élise Truchard et Alessandro Vuillermin. Il est actuellement en création et la première représentation aura lieu à l’automne prochain. Ce sera un spectacle sans paroles, mêlant théâtre et arts numériques, né des sensations éprouvées face aux nuages.

THN

Le dispositif numérique que la compagnie souhaite mettre en place demande un apport financier conséquent, notamment pour l’acquisition de matériel et le développement informatique. C’est pourquoi, elle a lancé une collecte de financement participatif via Ulule. Alors, si vous avez envie de soutenir la création théâtrale, c’est le  moment : http://fr.ulule.com/theorie-nuage/ !

Il ne reste plus que quelques jours pour réunir la somme nécessaire !

Sachez que si vous n’avez pas beaucoup de moyens, la première « marche » est à 5 €, et qu’il n’y a pas de petit don ! Si vous avez un peu plus de sous et que vous payez des impôts, votre don est déductible à 66%.

Et surtout, diffusez l’info le plus possible autour de vous : mails, réseaux sociaux, blogs, dîners mondains et machines à café…

Je compte sur vous. D’avance, un énorme merci.
Plus d’infos sur le spectacle et la compagnie : ici.

Un titre en forme de provocation ? Un peu. Car je suis déçue (et agacée) de n’avoir pu accéder à la fameuse Tour Paris 13, annoncée comme l’évènement street art parisien de la rentrée. Malgré les mises en garde de quelques amis, des médias et même de ma maman, j’ai tenté ma chance. Résultat : arrivée une heure et quart avant l’ouverture, déjà près de 400 personnes dans la queue, les visiteurs sont autorisés à rentrer par groupe de 45 personnes et peuvent rester une heure maximum dans le bâtiment. Je vous laisse faire le compte du temps estimé à patienter pour entrer. Mon acolyte et moi avons plutôt opté pour un café, au soleil, en terrasse.

J’hésite à vous faire un couplet bien senti sur ce que je pense de ces événements culturels alléchants, markétés à grand renfort de buzz, mais dont l’organisation est (volontairement ?) orchestrée pour que seuls les plus tenaces (ou les VIP) puissent y avoir accès, pouvant ensuite se vanter, eux, d’avoir réussi à franchir les barrières et ainsi continuer à alimenter le buzz. Le véritable snobisme ne serait-il pas justement de feindre l’indifférence quant à ces « opérations » ? Ça m’arrangerait bien en tous cas. ;) Surtout qu’on peut quand même visiter tout l’immeuble, tranquillou bilou, depuis son canapé. Oui, je sais, ce n’est pas pareil mais on se console comme on peut.

Ce que j'ai vu de la Tour Paris 13

Ce que j’ai vu de la Tour Paris 13

Vous allez me dire : « D’accord mais, alors, c’est quoi le véritable événement street art de la rentrée? ». Opus délits, ça vous dit quelque chose ? Mais si, de petits livres monographiques sur des artistes urbains qu’on trouve dans toutes les bonnes librairies. Et bien, cette fin de cette semaine, la collection fait son show à l’Espace Cardin. Au programme : une exposition avec des œuvres des artistes présents dans la collection, des séances de dédicaces, des performances, des conférences et des débats et, même, la première édition du Street art film festival.

Collection Opus Délits

Je vous préviens au dernier moment (habitude bien ancrée dans mes pratiques bloguesques) car le show se termine dimanche mais je suis sûre que vous trouverez un moment pour y passer ce week-end. Je suis allée voir l’expo hier, elle présente des œuvres très représentatives des artistes concernés mais, en même temps, pour nombre d’entre elles, que je n’avais jamais vues. Je n’ai pas eu l’occasion d’assister à une des conférences mais les sujets et les intervenants sont prometteurs, allez jeter un œil. Pour les amateurs d’autographes ou tout simplement de rencontres, sachez que les artistes présents étaient très disponibles, j’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec Jérôme Mesnager et Miss-Tic. Gniiiii (onomatopée de groupie) ! Si j’ai le temps, j’y retournerai bien pour profiter de la projection de quelques-uns des 48 courts-métrages en compétition.

Mosko (spéciale dédicace à Béné)

Mosko et associés (spéciale dédicace à Béné)

En parlant de street-art, deux autres bons plans testés et approuvés : petite mais très chouette expo de mon bien-aimé Fred le Chevalier de Ménilmontant (jusqu’à demain soir) et grande et belle expo de Jadikan le light-painter à la MAC (jusqu’au 14 décembre).

Incredible, comme le spectacle dont je vous parle aujourd’hui : je publie un article ! Vous deviez penser que je boudais, depuis le temps. Ben, non, mais parfois l’angoisse de la page blanche tout ça. J’en fait un peu trop là, non ?

Quoi qu’il en soit, des batuqueiros déchaînés, croisés au hasard d’une Fête de la musique, ont rappelé à mon bon souvenir d’autres joueurs de tambours dont je voulais vous parler : les Fills Monkey.

Sébastien Rambaud et Yann Coste, profession batteurs, s’offrent une parenthèse humoristique en dehors de leurs groupes musicaux respectifs, avec leur Incredible Drum Show. Ce spectacle mêle performances rythmiques, jonglage, clowneries. Tantôt en duo, tantôt en duel, ils se répondent et s’affrontent pendant une heure. Vous commencez à connaître mon amour pour les poètes un peu dingues, ces deux-là sont prêts pour entrer au Panthéon de la folie douce de mon cœur.

Ci-dessous, une courte performance de air battery pour vous allécher !

Je crois que vous pouvez encore les voir une fois ou deux au Sentier des Halles, sinon ils seront en Avignon en juillet, ou encore au Trianon le 14 décembre. N’hésitez pas une seconde.

Entre deux des spectacles vus dernièrement, mon cœur balance et je ne sais duquel vous parler. Alors tant pis, je ne trancherai pas et vous aurez le droit aux deux !

El-Djoudour-c-Dan-Aucante

Après Univers… l’Afrique, vue à Suresnes en janvier, je comptais profiter du festival Sur les frontières, encore en cours au théâtre de Chaillot, pour approfondir ma connaissance d’Abou Lagraa, dont je n’avais rien vu jusqu’à cette année. Avec deux pièces à mon actif, on ne peut pas dire que l’échantillon soit représentatif, mais je l’estime quand même suffisant pour me donner envie d’explorer encore davantage l’œuvre du chorégraphe algérien, qui me paraît fort prometteuse (en futurs bons moments pour moi). Pour El Djoudour (Racines), l’ambiance n’est plus à l’intime, avec 14 danseurs sur scène, mais le thème du couple, de l’opposition homme / femme, était encore central, et la mise en scène minimaliste mais efficace, des portants mobiles signifiant une frontière tantôt repoussée, tantôt traversée. J’ai particulièrement aimé, à la fin, tout le jeu avec la terre, projetée par les danseurs, dont l’effet visuel était très beau. Si vous passez par Chalon-sur-Saône, en mai, ou par Lyon, en juillet, je vous conseille de vous laisser prendre dans ces racines.

Surnatural Orchestra

  Surnatural Orchestra – « La toile »

Dans un tout autre registre, mais toujours dans l’optique d’approfondir ma connaissance d’un metteur en scène, j’ai profité du dézonage de mon pass Navigo pour me rendre à Saint-Quentin-en-Yvelines, le week-end dernier, voir une troisième pièce de la compagnie Les Colporteurs, laquelle était accompagnée, cette fois-ci, du Surnatural Orchestra, dont les spectacles sont toujours incroyables. J’ai été quelque peu surprise par le résultat : il s’agissait finalement plutôt d’un concert illustré par du cirque, alors que je m’attendais à voir du cirque accompagné par de la musique live (et qui plus est, je m’attendais à davantage de funambulisme, puisque la troupe s’est montée au départ autour d’Antoine et Agathe Rigot, tous deux funambules). Vu le nombre de personnes qui sont sorties en cours, je ne suis visiblement pas la seule à avoir été déroutée. Il faut dire aussi que la musique est originale, jouée par 19 musiciens passant d’un instrument (« classique ») à un autre (bricolé) et improvisant en chœur. Je ne suis pas mécontente du déplacement, mais au final, je continue quand même de préférer les deux précédents spectacles : Le fil sur la neige, époustouflant, et Sur la route, très émouvant (les premiers pas d’A. Rigot sur un fil, après son accident).

Mille et une histoires

Un thème qui s’impose, vous disais-je… et voilà que le mois de mars le confirme. Cette fois, il n’est plus question de monologues ou de récits intimes mais, au contraire, d’histoires foisonnantes et quasi universelles, qui englobent des siècles d’histoire ou des civilisations millénaires. Le mois n’est pas terminé, me direz-vous. Et d’ailleurs, mon petit doigt me dit que, avec les vacances qui se profilent, j’aurai encore un petit lot d’histoires peuplées de monstres dans des lacs et de châteaux hantés à mémoriser !

milleetunenuits

Pour assurer la transition d’un thème à l’autre, je suis allée redécouvrir des histoires racontées dans l’intimité, mais universellement connus : ceux des Mille et une nuits, à l’Institut du monde arabe. L’exposition est aussi riche que ces contes rassemblés au fil des siècles et dont l’origine est parfois inconnue, même s’il est hélas prouvé, je me dois de vous le dire, qu’Aladdin et Ali Baba ont été inventés par un Français ! (eh oui ma bonne dame, on ne peut plus faire confiance à personne !). Les vieux manuscrits persans ou arabes laissent la place à des enluminures, des poteries, des extraits de films… Ces récits en ont inspiré plus d’un ! Mais qui du conte ou de la réalité a inspiré l’autre, dans nos perceptions actuelles ? C’est un peu la question que cette exposition pose, mais sans donner de réponse claire. Je vous laisse trouver la vôtre, de réponse, d’ici au 28 avril !

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Loin des mille et une nuits dans le temps, mais proche dans sa construction et son lieu, la pièce Le porteur d’histoire, que j’avais loupée au Théâtre 13, se joue au Studio des Champs-Elysées jusque fin juin. Ne faites pas la même erreur que moi pour le premier tour : ne la laissez pas passer ! La salle est petite et encombrée, les sièges grincent et font mal au dos, mais le rythme de l’histoire (ou plutôt des histoires) et le jeu des acteurs vous tiendront suffisamment en haleine pour l’oublier. J’ai rarement été aussi captivée par une pièce. Les cinq acteurs jouent des dizaines de personnages, célèbres ou inconnus, la grande Histoire côtoie de petites, la réalité se mêle à la fiction : en sortant, on ne sait plus si on vient d’assister à une leçon d’histoire (et quelle histoire d’ailleurs ? celle de la littérature française ? celle de la politique coloniale française ? celle d’une famille ?) ou « seulement » à une belle histoire pour grands enfants. Et peu importe à vrai dire. L’important, c’est qu’elle reste à l’esprit plusieurs soirs d’affilée… et qu’on attende encore la suite quelques semaines plus tard !

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Dans un autre genre, mais tout aussi poétique, le théâtre des Abbesses (tiens, ça faisait longtemps !) redonnait la pièce présentée l’an dernier dans le cadre de Chantiers d’Europe (et que je n’avais pas vue alors), The animals and children took the streets, d’une compagnie britannique qui mêle animation projetée sur écran et acteurs vivants, le tout dans une ambiance digne d’une comédie musicale d’Edward Burton. La pièce est en anglais surtitré, mais je pense qu’une version muette serait tout aussi compréhensible, tellement le jeu des acteurs est expressif. Décidément, alors que j’avais des goûts plutôt classiques en matière de théâtre, je vais finir par aimer le mélange des genres !

Les yeux dans les yeux

Souvent, je m’aperçois, en me remémorant les semaines écoulées, qu’un thème involontaire s’est imposé dans ma vie culturelle, par période. Au mois de février (achevé le 1er mars, en ce qui me concerne), il semblerait que c’était celui du monologue intimiste et dépaysant. Je me suis en effet retrouvée à quatre reprises face à un-e acteur-trice dévoilant ses souvenirs, ses emportements et émois. Vous le savez, j’ai toujours admiré ces artistes qui réussissent à assurer une présence forte, seuls face à un public pas toujours réactif. Ces quatres pièces ne font pas exception. Et même, elles ont chacune laissé une belle empreinte dans les méandres de mon cerveau.

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La série a débuté par un retour aux sources de mes études balkaniques, avec Les tribulations d’une étrangère d’origine, écrit et interprété par Elizabeth Mazev (déjà géniale dans Le système de Ponzi), au théatre Ouvert. Les souvenirs de cette Bulgare née en France ont titillé les miens de Française allée en Bulgarie et rassurée quant à mon point de vue sur ce pays, que je craignais un peu trop sévère. J’ai bien ri à l’évocation des passages à la douane et de la sempiternelle chopska salata et je l’ai même trouvée encore plus sévère que moi ! Cela dit, si la performance était incontestablement de qualité (et ce d’autant plus que dans la salle se trouvait une classe de petits cons d’une quinzaine d’années particulièrement odieux, se hélant les uns les autres au milieu du spectacle et insultant les spectateurs qui leur demandaient de se taire… ils en sont même venus aux mains à la fin !), je me demande si les autres spectateurs ont goûté la subtilité de ses allusions. Quelqu’un de non bulgarophone y est-il allé et peut-il m’éclairer ? Malheureusement, le spectacle ne se joue plus (vous vous en doutez : sinon je n’en parlerais pas !).

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De Bulgarie, je suis ensuite allée en Enfer. Mais attention, pas n’importe lequel : celui de Dante, raconté par Serge Maggiani au théâtre de la Ville. La trilogie italienne fait partie de ma looooooooongue liste de livres-que-je-lirai-peut-être-un-jour-quand-je-serai-à-la-retraite (ou pas), et je me suis dit qu’un petit résumé subjectif et vivant ne me ferait pas de mal, en attendant. Ce fut une bonne idée : même si je ne suis finalement pas sûre de lire Dante un jour (un peu trop ambitieux), je suis contente d’avoir écouté S. Maggiani en tirer sa substantifique moelle (je dis « sa » à dessein : c’était là une vision très personnelle de l’œuvre, liée à son enfance et à sa culture italiennes) et des enseignements ô combien actuels (saviez-vous que l’invention du Purgatoire a permis l’essor du capitalisme ? je vous raconterai à l’occasion…).

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En poursuivant le tour de la Méditerranée (ou peut-être était-ce plutôt pour me remonter de l’Enfer ?), la géographie (ou plutôt Confituredine, d’ailleurs, que je remercie encore une fois pour cette excellente idée inattendue !) m’a amenée à Marseille, ou plutôt à Avignon, ou plutôt chez un coiffeur de Naples, ou plutôt au royaume des fées, tiens… Enfin, dans tous ces lieux qui ont bercé l’enfance puis la vie d’actrice d’Ariane Ascaride. Son monologue, Touchée par les fées, à la maison des Métallos, mélangeait avec allégresse les souvenirs de ses grands rôles d’enfance (Isaac, un tabouret…), de sa famille, de ses débuts d’actrice professionnelle… Je l’aimais déjà beaucoup au cinéma, mais ignorais qu’elle faisait également du théâtre (honte à moi). Quelle belle découverte !

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Finalement, pour boucler la boucle, il ne me restait plus qu’à tirer un trait entre le Liban et la France, grâce à la pièce de Darina Al Joundi, au théâtre de La Bruyère (vous avez de la chance, celle-ci se joue encore ! vous n’avez donc aucune excuse). J’avais adoré Le jour où Nina Simone s’est arrêté de chanter et n’ai pas été déçue par Ma marseillaise, qui en est la suite (interprétation toute personnelle : c’est ce que j’ai trouvé, en tout cas) : D. Al Joundi a quitté (fui ?) le Liban qu’elle décrivait dans la première pièce et demandé la nationalité française. Mais pourquoi ? La question a le mérite d’être posée. Même (surtout) quand on est français de naissance…

Avisss à la population !

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Jusqu’à peu, la BDIC (Bibliothèque de documentation internationale contemporaine) n’était pour moi qu’un lieu un peu glauque où j’étais contrainte d’aller faire quelques recherches, lors de mes études nanterroises. J’ignorais complètement qu’elle avait également un site en plein cœur de l’hôtel des Invalides ! Oui, j’ai honte… mais un peu seulement. Etant donné le parcours du combattant qu’il m’a fallu accomplir dans le froid glacial de cette fin janvier, je doute que même les visiteurs assidus du musée des Armées connaissent cet endroit. Je vous conseille pourtant vivement de presser le pas pour aller admirer la collection d’affiches exposée sous le titre « Colère, parole : affiche-action ».

De la Commune de Paris, en 1871, aux « évènements » de mai 1968, cette courte exposition montre le rôle à la fois de propagande et d’information des affiches, mais surtout son évolution. D’abord omniprésentes et touffues, car seules sources d’information d’une population qui n’avait pas forcément accès à la presse, les affiches ont évolué dans leur forme et dans leur fond, au fur et à mesure qu’elles devenaient clandestines (et que les techniques d’impression et de diffusion étaient perfectionnées).

Outre le plaisir de voir de beaux spécimens, telle cette affiche jamais diffusée d’Olympe de Gouges, qui lui a valu la prison puis la décapitation, ce qui m’a le plus frappée au gré des lectures, c’est la liberté de ton de ces affiches, voire la violence de leurs propos. Les étudiants de mai 1968 et leurs « CRS SS » n’avaient finalement rien à envier à leurs prédécesseurs du XIXe siècle… En ces temps de combats nécessaires, cette exposition devrait être déclarée de salut public !

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