
Le temps, ce farceur, s’étire parfois comme un élastique et vous vous ennuyez. D’autres fois, en revanche, il se rétrécit et ne vous laisse pas la possibilité d’en faire ce que vous voulez. Je crains bien que j’ai été victime de ce triste phénomène la semaine dernière. Et pourtant, je ne suis pas restée inactive ! Vous aurez donc, et je m’en excuse, des billets périmés cette semaine et la suivante, histoire de rattraper le temps perdu !
La semaine dernière, je disais donc, je suis allée au théâtre de la Colline, pour le premier spectacle de mon abonnement de cette saison : « La pierre », de Marius von Mayenburg. Je ne connaissais pas cet auteur allemand, mais le propos de la pièce me rappelait de bons souvenirs de cours d’allemand et d’histoire. Le programme évoquait trois femmes et trois générations (la grand-mère, la mère, la fille), soit trois étapes cruciales de l’histoire allemande contemporaine : le nazisme, le communisme et la réunification.
Pour ma part, j’ai plutôt trouvé que le protagoniste de la pièce était une maison, point central de la mise en scène, d’ailleurs. Des néons suspendus au-dessus de la scène permettaient de se repérer dans les décalages chronologiques de l’histoire de cette maison : rachetée à des Juifs fuyant le nazisme, puis revendue pour fuir le communisme, puis récupérée grâce aux mesures de « réconciliation » après la chute du Mur, elle symbolise beaucoup de choses !
Mon accompagnatrice du moment (qui se reconnaîtra) a été gênée par le jeu des deux plus jeunes actrices, il est vrai un peu exagéré. De mon côté, j’étais suffisamment passionnée par l’histoire pour que cela ne soit pas dérangeant.
Mais je n’en dis pas plus. Le spectacle se joue jusqu’au 17 février et il serait dommage que vous décidiez de ne pas y aller parce que vous pensez tout en savoir ! Vous verrez, en tirant sur le fil, la pelote est pleine de surprises !
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31 janvier 2010 par Alice

Au jeu du hasard des programmes culturels, on ne gagne pas à tous les coups ! Pourtant, la représentation de vendredi soir m’inspirait. Jugez-en plutôt : un chorégraphe samoan (Lemi Ponifasio), un chef maori sur scène (Tama Iti), des inspirations variées (haka, danses rituelles des Samoa, Shakespeare, zen japonais…) et un propos philosophique intéressant (la résistance à l’oppression, le terrorisme…).
Certes, l’ouverture de la pièce a tenu ses promesses : au moment exact où la salle a basculé dans le noir complet, a retenti un coup de tonnerre, suivi du bruit d’une tempête (jusque-là, on reste dans le sujet), impressionnant. Ce n’était pas réellement assourdissant, au sens où mes tympans ne se sont pas sentis agressés, mais le roulement du tonnerre prenait aux tripes, au sens propre : toute ma cage thoracique vibrait. J’étais donc en particulièrement bonne condition pour assister à la suite, que j’attendais remuante, vibrante.
Las… Au bout de 45 minutes, luttant contre le sommeil, j’ai finalement décidé de suivre l’exemple de mes voisins et ai quitté la salle. C’était la première fois que je quittais un théâtre avant la fin de la représentation ! Je ne saurais blâmer les danseurs, dont l’exécution était parfaite, mais la lenteur de l’histoire (que je n’ai pas comprise) et la répétition des scènes étaient ennuyeuses. Des moines zen en robe noire qui se frappaient les cuisses puis partaient à petits pas, le bras levé, au guerrier samoan qui marchait à quatre pattes, tournant en rond dans un carré de lumière (pour symboliser l’enfermement ?), rien ne m’a parlé.
J’ai essayé, vraiment, de comprendre ce spectacle venu de l’autre côté du monde, mais c’était aux antipodes de ce à quoi je m’attendais, et je n’ai malheureusement pas réussi à m’y faire.
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27 janvier 2010 par Alice

Pour le dernier spectacle de mon abonnement à Suresnes Cité Danse, j’ai assisté hier soir à la représentation de « BuanaTtitude », de B-Boy Junior, et
d’« Asphalte », chorégraphié par Pierre Rigal. Les deux parties étaient très différentes, mais cette fois, je peux dire que j’ai nettement préféré la première.
Certes, la performance des danseurs d’Asphalte était de grande qualité, mais la mise en scène m’a empêché d’en apprécier la beauté. La majorité du temps, on ne les voit qu’en ombre chinoise, devant un vaste parallélépipède lumineux (aux couleurs changeantes) et la chorégraphie consiste principalement à les faire se mouvoir comme des robots. Il faut bien que je l’avoue cependant, le commentaire du prospectus m’avait passablement aigrie et il est donc possible que je n’ai pas été de fort bonne volonté. Et puis j’ai sans doute pâti du contraste entre la première et la deuxième partie…
En effet, le solo de B-Boy Junior était particulièrement époustouflant ! Autour d’une interrogation sur ses origines (congolaises), le danseur a monté un spectacle à la fois drôle et touchant où s’intercalent des démonstrations de breakdance. Je ne pensais pas être capable de rester bouche bée pendant 40 minutes… et bien si !
Je ne connaissais jusque-là pas grand-chose au hip hop, et je ne le connais guère mieux maintenant, mais je sais déjà que, l’an prochain, Suresnes me reverra !
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25 janvier 2010 par Alice

Outre la carte des Amis du Louvre, mon musée fétiche depuis des années, je suis titulaire depuis peu du pass du Quai Branly. Ceci me permet d’accéder à volonté aux collections et expositions du musée (comme celle sur Teotihuacan, par exemple…), certes, mais surtout de participer à la vie de ces deux musées, à ma (très) modeste mesure.
C’est ainsi que, ce dimanche, je suis allée voir l’exposition « Artistes d’Abomey », qui retrace l’histoire du royaume du Danhomé, situé sur le territoire de l’actuel Bénin, à travers les œuvres de ses artistes royaux. À Abomey (la capitale), en effet, le Roi montrait son pouvoir en s’attachant les services de familles d’artistes, chacune spécialisée dans une discipline (tissage, broderie, travail du fer, du bois, de l’ivoire…). Il lui arrivait même parfois de mener des guerres pour ramener un artiste particulièrement doué d’un territoire voisin ! Outre la conservation de ces objets, qui étaient entreposés de manière à être admirés (et ont alors suscité la convoitise des Européens, bien connus pour leur respect de la propriété d’autrui…), cette pratique a eu un avantage certain : c’est en effet l’un des rares exemples d’art africain où l’on peut retrouver la trace du fabricant.
Vous l’avez deviné : j’ai une fois de plus beaucoup appris dans cette exposition, même si je regrette le manque d’explications autour de certains objets (qu’est-ce qu’une récade, par exemple ?). La scénographie était parfaite, comme d’habitude au Quai Branly, et les courtes explications audio étaient les bienvenues.
Seul regret, dont je ne manquerai pas d’informer le musée : tout n’est écrit qu’en français ! Comment font les visiteurs étrangers ? Je ne doute pas un instant que, prenant exemple sur les rois du Danhomé, les mécènes du Quai Branly financeront de nouveaux cartels traduits pour montrer au plus grand nombre la valeur de leur collection !
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23 janvier 2010 par Alice

Dans le cadre de Suresnes Cité Danse, dont je parlais déjà il y a deux billets, j’étais hier soir au spectacle donné par la compagnie Trafic de styles et chorégraphié par Sébastien Lefrançois. Intitulé « Ficelle d’encre », ce spectacle mêle hip hop et cirque, sur une musique inspirée des mélodies marocaines.
Avant de se tourner vers une chorégraphie résolument hip hop, en effet, quelques danseurs exécutent des morceaux que l’on aurait davantage vu au cirque : jonglage, acrobaties sur une barre, clown… Et pourtant, cela ne paraît absolument pas incongru.
Le décor, simplissime au premier abord, constitué d’une grande bâche blanche posée sur le sol, évolue au cours du spectacle : la bâche, soulevée par un ou plusieurs coins, parfois sur toute sa moitié, permet aux danseurs de se glisser dessous ou de projeter leur danse en ombres chinoises, auxquelles sont ajoutés, parfois, des mots réalisés en fil de fer.
Jusque-là, les commentaires qui qualifiaient un spectacle de « poétique » ne signifiaient rien pour moi. J’ai désormais compris : c’est en effet le premier mot qui m’est venu à l’esprit hier soir ! Que ce soit au début ou à la fin, avec ou sans les mots projetés, la poésie était là.
Du coup, je suis bien embarrassée : je ne saurais dire lequel, de Blanche-Neige ou de Ficelle d’encre, m’a le plus plu ! Les mots, hélas, sont finalement bien peu de choses…
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