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Archive for the ‘A quatre mains’ Category

Dans la série « On teste pour vous », je voudrais une exposition inattendue, farfelue et inconnue. Bonne pioche !

museum-everything

Confituredine m’avait laissé le choix, ce soir-là, entre des expositions dont j’avais entendu parler et d’autres non. J’en ai bien évidemment choisi une de la deuxième catégorie (il faut savoir vivre dangereusement !). Du coup, je ne m’attendais à rien, ce qui tombait à pic : j’aurais sans doute été déçue, sinon, parce que je n’aurais jamais pu m’attendre à ça. Ça quoi, d’ailleurs ? Eh bien je ne saurais même pas vous dire !

Le laïus sur le site et à l’entrée du « musée » (une ancienne école désaffectée) évoque une œuvre de pédagogie, voire de salubrité publique : faire découvrir des artistes inconnus, qui ne sont même pas répertoriés en tant qu’artistes. L’intention est louable. Mais alors pourquoi rester si confidentiel ? J’ai la prétention de faire partie des gens relativement bien informés sur la vie culturelle francilienne, et pourtant je n’avais jamais entendu parler de cette exposition ! Apparemment, seuls des happy few y ont eu accès (l’avantage, c’est qu’on n’est pas bousculé dans les salles).

Et quand je dis « happy few », c’est à dessein que j’emploie la langue de Shakespeare. En effet, si, au début, on peut noter (encore) une louable intention, à savoir traduire les cartels rédigés en anglais, il faut croire que les organisateurs se sont vite lassés de copier-coller les textes dans Babelfish et ont décidé de laisser le visiteur se débrouiller. Ça ne me gêne pas dans l’absolu : l’exposition est censée tourner dans le monde, je conçois que cela soit compliqué et long pour une petite équipe avec peu de moyens de tout traduire dans toutes les langues. Mais quitte à commencer, autant aller jusqu’au bout, non ? Et a minima, autant le faire bien.

Well, well, je sens que je vais (encore) passer pour une vieille  aigrie. Tant pis. Ne vous fiez pas à cet accès d’humeur pour autant : en réalité, j’ai trouvé le concept très intéressant, la scénographie et le lieu originaux (cf. photos de Confituredine : dommage qu’il ait été interdit de photographier l’intérieur, même si certains ne s’en sont pas privé…) et certaines œuvres remarquables. Mais il y en avait tellement que j’ai bien entendu oublié le nom de leur créateur : comme quoi, le but initial n’est pas atteint ! En tout cas, pas auprès de moi…

Alice

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Cette visite m’a, quant à moi, laissée circonspecte : se moque-t-on de nous, rien qu’un peu, même gentiment ? Sûrement un chouia, comme peuvent le laisser penser les affichettes homemade promettant une amende de 1000 € si vous bravez l’interdiction de brandir votre appareil photo, qui ressemblent presque à une blague. Ou comme peut le laisser croire le texte d’accueil de la Chalet society

Ah oui ! Intriguée, j’ai fouiné. Donc : la Chalet society est une structure, mobile, qui souhaite proposer une nouvelle manière d’aborder l’art, loin des pratiques institutionnelles habituelles. Le premier lieu à l’accueillir est ce bâtiment scolaire désaffecté du boulevard Raspail, en plein 7e arrondissement donc, prêté, par le groupe Emerige dont le président Laurent Dumas est visiblement un collectionneur émérite, à Marc-Olivier Wahler, ancien directeur du Palais du Tokyo. Si loin des institutions artistiques et du microcosme de l’art contemporain, en effet ! Si j’ajoute que certaines œuvres présentées dans l’exposition sont accompagnées de textes rédigés par de grandes figures de l’art contemporain (Boltanski, Messager, etc.), ne commencez-vous pas à trouver un peu d’ironie là-dedans ? 

Je dois préciser que The Museum of everything est l’exposition inaugurale de la Chalet society. On retombe sur nos pattes. Son fonds a été constitué par l’Anglais James Brett dans le but de monter et montrer une importante collection d’art brut. Dans sa version parisienne, elle contient plus de 500 œuvres, très diverses dans leurs thèmes, leurs formes, leurs supports. Comprenez le trop-plein d’Alice. En effet, ce fut trop pour bien voir et surtout retenir. Pourtant, quelques pépites surprenantes se trouvent dans le labyrinthe de cet ancien collège. Dommage, elles risquent d’être vite oubliées, noyées dans la masse. Ce foisonnement, en plus du lieu, insolite, donne toutefois une atmosphère très particulière à cette expo. Si vous aimez les doux-dingues et les ambiances arty berlinoises, foncez. 

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Pour rebondir sur le ressenti d’Alice, mon petit doigt me dit que le plan de communication est probablement millimétré. La recette : faites parler de vous sans trop quand même. Organisez une soirée d’inauguration réservée à des VIP. Comptez sur un article du Monde au moment du lancement, puis plus rien. Laissez faire le bouche-à-oreilles. Restez lacunaire et imprécis sur votre site Internet pour cultiver le mystère. N’autorisez l’entrée que sur inscription. Laissez croire aux visiteurs qu’ils participent au rayonnement d’artistes injustement méconnus avec un don à l’entrée. Avec tout ça, s’ils n’ont pas l’impression d’être des privilégiés, d’avoir dégoté le bon plan expo de la saison à se refiler sous le manteau (ou sur son blog), bref d’être au sommet de la hype, il ne vous reste plus qu’à espérer qu’ils diront tout de même du mal de votre projet. La publicité, même critique, reste de la publicité. 

Je pense que Marc-Olivier Wahler ne se prend pas trop au sérieux. Et nous suggère d’en faire de même. Ou suis-je totalement parano ? Pour moi, en tous cas, le but est atteint : mes petites méninges ont bien fait leur boulot de « réflexion sur l’institution artistique contemporaine ».

Confituredine

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Nous y sommes allées jeudi dernier et je ne cesse d’y penser depuis. Cette installation résonne tellement en moi que je ne sais pas comment vous en parler. J’ai l’impression qu’elle a ouvert des tas de petits tiroirs dans ma tête qui ne demandaient qu’à être explorés et j’ai, du coup, mille choses à vous dire.

Ludovic Cantais est photographe et réalisateur. Son « installation photographique nomade », baptisée « la Bibliothèque fantôme », propose une réflexion autour de la révolution numérique et de la virtualisation du monde. L’histoire a commencé quand, ne sachant plus quoi faire de ses trop nombreux livres et se décidant à opérer un tri, l’artiste se rendit compte qu’il ne pouvait se résoudre à jeter l’objet de sa sélection. Pire, il commença à récupérer les livres des autres et même à ramasser les livres abandonnés. Mais que faire de tous ces textes s’il est impossible de les jeter au rebut ? C’est à partir de cette question que naquit l’idée de la Bibliothèque fantôme.

Pour en constituer le fonds, l’artiste a, dans un premier temps, récupéré des livres abandonnés dans la rue qu’il a ensuite répertoriés, grâce à un système de fiches comme il en existe encore dans certaines bibliothèques : titre, nom de l’auteur, date et lieu de récupération, marque-pages trouvés à l’intérieur. Dans un second temps, il a photographié les couvertures de chacune de ses trouvailles, puis a estampillé chaque livre de son tampon « Bibliothèque fantôme » et l’a remis en circulation, généralement via des dons à des associations caritatives.

Le fonds de la Bibliothèque fantôme compte actuellement 655 titres. La galerie Binôme présente sur ses murs une centaine des photos des couvertures, dont certaines remplacées par une fameuse fiche fantôme, signe que l’œuvre photographique a été empruntée. Car oui, chaque visiteur de l’exposition peut emprunter, gratuitement et pour une durée déterminée, une photo, comme dans une bibliothèque publique.

Séduites par l’idée, Alice et moi étions notamment curieuses de savoir si les visiteurs de l’exposition oseraient emprunter une photo. Nous avons été ravies de voir que c’était le cas. Ravies car il n’est pas rare que des œuvres qui se veulent interactives impressionnent au point que cela ne prenne pas et tombe à plat. Ici, ça fonctionne et rend l’installation un peu magique : elle est partagée, au sens propre comme au figuré, avec le public, et le public la partage.

L’accrochage de l’œuvre, accompagné des très intéressants et émouvants marque-pages trouvés dans les livres, fait penser à un cabinet de curiosité. Ce qui, pour moi, met en valeur la dimension sociologique de l’installation. Comment pourrait-on ne pas imaginer procéder à une étude analytique des livres abandonnés, en les classant d’abord par catégorie, tant leur hétérogénéité est étonnante, puis en essayant d’en tirer des informations sur leurs anciens propriétaires, pour établir une sorte de typologie, voire de topographie ?

Je me suis aussi posée beaucoup de questions sur mon rapport aux livres,  sur ma difficulté, partagée avec L. Cantais, à m’en séparer par exemple. Il y en a déjà trop dans mon petit appartement, pourtant, ne pouvant me résoudre à les libérer pour faire de la place, désormais j’emprunte les nouveaux à la bibliothèque de mon quartier. La boucle est bouclée.

Mais pourquoi avons-nous un rapport si affectif avec notre bibliothèque, alors même que nous ne sommes pas forcément très attachés aux autres objets ? Il me semble que nos livres sont une part de notre identité, une image de ce que nous sommes, ou parfois de ce qu’on voudrait que les autres pensent que nous sommes. En tous cas, abandonner ses livres, c’est abandonner une petite partie de soi-même, non ? Et en même temps, qu’en est-il de la transmission ?

Au-delà de cela, le projet de l’artiste s’inscrit complètement dans l’air du temps autour des questions du recyclage, de la récup’, du gâchis, du développement durable. J’ai pensé au superbe travail d’Agnès Varda sur les glaneurs. Mais l’œuvre de L. Cantais interroge aussi sur la question de la dématérialisation du monde, et sur le retour de plus en plus perceptible, à mon avis, au tangible, qui invente de nouvelles formes. Sujet qui m’intéresse beaucoup et qui fut même au centre de mon mémoire de DESS, il y a quelques années maintenant.

L. Cantais avait déjà travaillé sur les objets trouvés à l’occasion d’un précédent projet photographique, intitulé « La Part des choses », dans lequel on retrouve le même aspect à la fois documentaire et poétique. Ludovic, si vous me lisez, sachez que moi aussi, j’adore ramasser des objets dans la rue, pour leur donner une deuxième vie, j’ai parfois même l’impression, presque, de les sauver en décidant de les adopter. Des tas de petits tiroirs,  je vous dis !

Si vous voulez en savoir plus sur la genèse de l’œuvre, n’hésitez pas à interroger la galeriste dont la gentillesse n’a d’égale que la passion avec laquelle elle nous a parlé longuement de ce projet.

Jusqu’au 20 octobre, le livre d’ort dans sa galerie hantée…

Confituredine

… sauf un, qui trône chez moi. Le choix de la photo à emprunter fut difficile : que choisir, en effet, entre Alice au pays des ombres chinoises, que j’ai sans doute lu quand j’étais petite (puisque j’avais quasiment toute la collection des Alice), Les mots des femmes de Mona Ozouf ou Le petit Larousse illustré, édition 2000, que je côtoie déjà tous les jours dans mon travail (oui, bon, on a les outils qu’on peut !) ? Finalement, rien de tel que de se faire accompagner pour une deuxième visite et opérer un tri… somme toute pas très original.

© Valérie Cazin, galerie Binôme

Le choix de l’emplacement pour l’accrocher chez moi fut encore pire : au-dessus de la cheminée, pour un constant rappel de ma première (mais j’espère pas dernière) participation à une exposition ? à la place de la photo héritée de mon grand-père, lui-même grand bibliophile devant l’éternel ? Finalement, je l’ai mise au milieu de mes (trop vieilles) photos de vacances toutes de guingois, en une sorte de pied-de-nez à l’accrochage rigoureusement rectiligne de la galerie. Mais peut-être voyagera-t-elle, d’ici au 20 octobre, date à laquelle je dois l’avoir ramenée à la galerie. Ou peut-être même sera-t-elle remplacée par une de ses consœurs ? Qui sait…

Confituredine parle de petits tiroirs ouverts par cette installation (eh oui ! finalement, je vais peut-être finir par aimer les installations !?). Pour moi, il ne s’agit même plus de petits tiroirs, mais de bibliothèques entières ! D’étagères ployant sous le poids des livres de mon grand-père, qui me faisaient peur quand j’étais petite et que je devais traverser le couloir sombre dont les murs étaient couverts d’ouvrages de médecine ou d’aventures aériennes. De cartons craquant sous le poids des mêmes livres, expédiés vers une destination où, pour l’instant, ils n’ont même pas encore pu être mis en valeur. De sacs poubelles ramenés à la déchetterie parce que remplis de papier trop serré pour être brûlé (je ne sais pas ce qui aurait été le pire : cette fin peu glorieuse au milieu des cartons d’emballage et des publicités en papier glacé, ou un autodafé de revues scientifiques périmées et de romans historiques)… Que n’ai-je connu L. Cantais plus tôt ! Peut-être aurait-il su faire de l’art de tout cela !?

Bibliothèque fantôme - chez moi

En tout cas, comme vous pouvez le lire, cette galerie et son installation ne nous ont pas laissées de marbre, Confituredine et moi. Et Valérie Cazin qui nous a accueillies, un soir avant la fermeture puis un samedi en plein milieu de son déjeuner (interrompu exprès pour ses deux visiteurs inopportuns), et a très gentiment accepté de pallier mon oubli d’appareil photo n’y est pas pour rien. Nous avions toutes deux l’habitude des galeristes indifférents (au mieux) voire méprisants envers les simples visiteuses non (encore ?) acheteuses que nous sommes et avons été très agréablement surprises de l’accueil, chaleureux et enthousiaste.

La galerie participe au mois de la Photo, qui a lieu d’octobre à décembre, comme tous les ans. Je ne manquerai pas d’y retourner à cette occasion.

Alice

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Si vous êtes du genre fidèle, vous savez déjà que j’ai une tendresse particulière pour les toutes petites galeries cachées dans des lieux insolites : immeubles d’habitations, anciens bureaux, etc. Cependant, je n’étais encore jamais allée en chercher dans des entrepôts des Douanes ! C’est désormais chose faite, grâce à la ténacité (et au fil d’information bien épais) de Confituredine. Nous y étions déjà allées en juillet, mais n’avions pas pris le temps d’en faire un billet. Aussi, il nous fallait retourner, en septembre, à la galerie Chantal Crousel, plus spécifiquement dans son site de la rue Léon Jouhaux, dans les anciens entrepôts des Douanes, donc.

L’exposition actuelle m’a davantage plu que celle du mois de juillet, même si les deux se rejoignaient par leur aspect minimaliste (trois petites photos encadrées sur un grand mur blanc…) et hétéroclite (des cadres de porte saillant du mur par ci, des radiateurs illuminés par là…).

Il paraîtrait que c’est parce que je ne suis encore jamais allée voir Exit à la Mac, mais je suis encore assez perplexe devant le concept d’« installation ». Disons que j’ai souvent l’impression que l’artiste s’est contenté de reproduire ce que je fais déjà très régulièrement chez moi, par simple procrastination ménagère… (ça y est, je sens que je viens de perdre tous les nouveaux lecteurs amenés par Confituredine).

Toujours est-il que, de toute façon, l’exposition en elle-même n’était pas le but de notre périple saint-martinois (si vous y allez, on préfère vous prévenir : ne comptez pas y passer plus de 10 minutes). Le lieu en lui-même vaut le détour : après avoir été incité à éteindre votre moteur, vous gravirez quelque escalier bétonné pour atteindre le 3e étage où la galerie se trouve, coincée entre un représentant en tapis turcs et un négociant en meubles. Même si vous connaissiez l’existence de l’immeuble (ce qui n’était pas mon cas, alors que pourtant, je passais régulièrement dans le quartier), il y a peu de chance que vous ayiez deviné qu’il abritait un tel trésor !

Alice

Trésor ? Non mais madame, j’vous jure, je n’ai rien à déclarer à la Douane ! Rien de plus qu’Alice en tous cas qui vous a déjà tout dit sur ce joli lieu à découvrir. Les expositions qui y sont présentées changeant souvent, vous pourrez y retourner, comme nous, jusqu’à ce que l’une d’elles vous enthousiasme complètement.

Car c’est certain, nous y reviendrons nous aussi : mon petit doigt m’a dit qu’un autre lieu d’art se cacherait dans ces murs. C’est promis, nous partirons à sa recherche lors de notre prochaine visite.

Confituredine

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Après la danse et le théâtre, on continue notre série de rentrée avec, devinez quoi : la musique. Dans la rubrique spectacles, avec de la musique dedans donc, j’ai trois propositions dans mon chapeau :

Maxi Monster music show

– Le Maxi Monster Music Show est un cabaret clandestin tenu par des phénomènes de foire. J’ai adoré ce spectacle très étonnant qui navigue entre le rétro, le burlesque et la musique tsigane/rock. Si vous aimez les univers tendres mais un peu freaks, foncez à L’Européen le 12 ou 13 novembre (ou gratuitement mais en banlieue, le 28 septembre à Pierrefitte ou le 6 octobre à Clichy-la-Garenne).

– Jusqu’au 30 novembre, on peut aussi aller faire un tour à La Pépinière, pour réviser ses classiques et sa LV1, avec Les Tistics. La tournée promet aussi plein de dates en banlieue, par exemple : le 23 septembre à Saint-Germain-en-Laye, le 16 décembre à Clamart, le 5 avril au Plessis-TréviseLes Franglaises, c’est un spectacle qui fait tout : humour, musique, danse, théâtre. Et dont le principe est simple : les comédiens ré-accommodent à leur sauce des tubes anglo-saxons, en français. Le résultat est intelligent, interactif et surtout hyper drôle. Bon moment garanti. La salle était en feu lors de leur représentation à l’Olympia en mai et c’était amplement mérité.

Les Franglaises par Les Tistics

– Vous vous sentez une âme de voyou ? Alors, rendez-vous en avril à la MC 93 avec Les Apaches de Macha Makeieff. Il se dégage de ce spectacle un petit air suranné. Des artistes attachants tentent de sauver un vieux music-hall délabré. C’est d’ailleurs finalement ce lieu, magnifiquement représenté, le personnage principal. La mise en scène est superbe, pleine de trouvailles, le choix des acteurs, parfait. Si, comme moi, vous aimez céder, de temps en temps, à une douce mélancolie, ces canailles vous raviront.

D’autres petites notes de musique ? S’il y a eu moins de concerts que d’habitude au programme de ma saison dernière, ce ne fut, en revanche, que du très lourd, comme dirait mon barbu. Et nombre des artistes en question sont encore en tournée pour l’année à venir. Que du bon gros son, qui envoie sur scène, on n’hésite pas une seconde à prendre ses billets pour :

Staff Benda Bilili, le concert qui, en plus, de vous faire danser, vous donnera la banane pendant plusieurs jours. Si vous ne connaissez pas encore ces musiciens bricolos de Bamako, c’est que vous étiez partis loin ces trois dernières années, nan ? Si jamais, vous pouvez vous rattraper avec le docu qui raconte leur histoire. Plein de dates cette saison : le 27 septembre à Sannois, le 7 octobre à Châtenay-Malabry, le 13 octobre à Champigny, le 13 mars à Pleyel et d’autres à venir.

Tetra de C2C

C2C !!! Le nouvel album vient de sortir, c’est un énorme buzz d’ailleurs. Il m’a fallu aller à Nantes pour les voir cette année, pour un set ô combien mérité (c’est une autre histoire) mais ça valait vraiment le coup. Ils réussissent tout : leur album est unanimement salué, leurs clips sont de petites merveilles, leurs visuels sont ultra léchés et leur performance sur scène DÉ-BOÎTE. Plus de places en novembre à l’Olympia, mais il en reste pour le Zénith en mars.

Birdy Nam Nam fut, pour moi, l’un des deux meilleurs concerts du cru 2012 de Solidays. Lève les bras et savoure, ils seront à l’Olympia, le 30 octobre.

– Le deuxième meilleur concert de Solidays donc, fut celui de Skip the Use. Lille nous offre un très bon groupe de rock français (enfin, ça faisait longtemps). Je crois que j’aime d’amour tous leurs morceaux. Mat Bastard, le chanteur explosif du groupe, fait le show à chacune de ses montées sur scène, ce qui ne gâche rien, vous en conviendrez. Au Zénith, le 4 avril.

Skip the Use

Shantel et son Bucovina Club Orkestar, eux aussi, ont tout déchiré dans chaque salle de concert où j’ai eu l’occasion de les écouter. Vous assisterez, le 15 novembre au Plan de Ris Orangis, à une fête bohémienne entre rock et gypsy, comme vous en avez toujours rêvé, j’en suis sûre.

Alors, où est-ce que vous irez remuer la tête cette saison ?

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Suite de notre série d’articles pour ne pas déprimer s’ennuyer à la rentrée ! Place au théâtre aujourd’hui, avec des morceaux choisis, testés et approuvés par nos soins. Les propositions sont éclectiques, il devrait y en avoir pour tous les goûts.

La parole est à Alice pour commencer.

– À la frontière entre la danse et le théâtre, le monologue de Jacques Gamblin intitulé Tout est normal, mon cœur scintille repasse au théâtre du Rond-Point, en février. Laissez-vous émerveiller !

– J’avais adoré J. Gamblin dans ce monologue… je l’ai encore plus apprécié lors de la lecture d’un de mes auteurs fétiches : Romain Gary. Le texte est beau, alliant la musicalité de la langue de Gary à sa philosophie de la vie, et l’interprétation est magnifique, le tout dans un lieu que j’affectionne : courez donc au 104, en novembre !

– Et puisque vous serez au 104, profitez-en pour réserver vos places pour une autre pièce qui fera scintiller vos yeux, avec la Compagnie 14:20 et son spectacle Vibrationstesté pour vous au théâtre de Chaillot il y a deux ans. Si vous pensez que la magie, c’est une histoire de chapeau et de lapin, ou que vous êtes blasé par les effets spéciaux d’Avatar, attendez-vous à être bluffés, du 26 au 29 décembre !

Source : http://www.colline.fr, photo Élisabeth Carecchio

Outre ces trois-là, si vous pensez que le théâtre peut vous apporter autre chose que des étincelles, vous êtes servis aussi :

– Vous avez toujours voulu savoir quelle est la partie la plus importante du corps humain et/ou vous vous demandez pourquoi j’aime autant Bertolt Brecht ? Allez donc voir la pièce qui me l’a fait connaître (il y a trop longtemps pour que je puisse en avoir parlé sur ce blog), Dialogue d’exilés, au théâtre de l’Épée de bois, en novembre (oui, c’est un mois chargé pour la culture : ça compense la grisaille du ciel !) et racontez-moi ! Vous serez mes cobayes (je n’ai pas vu cette mise en scène-là, mais je connais le texte presque par cœur et vous garantis réflexions et absurdités).

– Marre de votre boulot dans lequel vous vous sentez enfermés ? Retournez donc à Suresnes, en février, voir ce qu’il se passe sur les plateaux des centres d’appel (je peux vous conseiller un livre aussi, mais ce sera pour le cartable de la rentrée d’Adrien…), avec la pièce Hold on. 

– Si, après tout ça, vous ne savez pas distinguer l’important du superflu, je vous enjoins à vous rendre au théâtre de la Colline, en juin, et à vous demander Que faire ? Mais là, je vous laisse découvrir (pas de bol, en juin 2011, je n’étais pas très assidue sur ce blog… vous n’aurez donc aucun indice !).

Quant à moi (Confituredine, pour ceux qui ne suivraient pas), mes yeux d’enfants ont aussi scintillé au théâtre l’année dernière. Pas autant que je l’aurais espéré, c’est vrai. Sûrement j’avais trop trépigné d’envie, sûre d’être émerveillée. Mais quand même, il s’agit d’un spectacle culte, parfois bancal certes, néanmoins rempli de poésie et d’humour. Le grand Slava est de retour à Paris, alors profitez-en : Slava’s snowshow au Casino de Paris en octobre.

Si comme moi, et pas comme Alice donc, vous avouez, sous le manteau, mais pas sous la torture (point trop n’en faut), que la rentrée, ça vous fait quand même un peu ch…, je ne peux que vous conseiller de trouver, pour y remédier, des raisons de rigoler. Pour cela, allez donc voir le spectacle de Bérengère Krief, elle vous en donnera plein, des raisons de rigoler. Même qu’il paraît que le spectacle a été remanié/enrichi pour la reprise dans la nouvelle salle du Point Virgule. Oh bah zut, je vais être obligée d’y retourner, entre octobre et décembre.

Source : http://www.theatredelacommune.com, photo Philippe Delacroix

Dans un registre un peu moins paillettes dans les yeux / rire qui fait bouger ton corps, deux pièces de théâtre à ne surtout, surtout, surtout pas rater :

– Seuls de Wajdi Mouawad, qui, comme vous le savez maintenant, est mon dramaturge chouchou. Il reprend ici un monologue écrit, mis en scène et joué par lui-même, dans lequel il interprète un personnage étrangement proche de lui. J’ai découvert ce beau texte, il y a déjà longtemps, mais n’avait pas réussi à le voir sur scène, au Théâtre 71, il y a au moins 3 ans si ma mémoire ne me fait pas défaut, j’espère donc arriver à aller (avec vous ?) à Chaillot en mars.

– Et, et, et… mon coup de cœur à moi de la saison 2011/2012 : Invisibles de Nasser Djemaï, jouée au Tarmac l’an dernier, elle est reprise au Theâtre de la Commune en avril. Que vous dire de cette pièce ? Rien d’autre que : « courez-y les yeux fermés ». Oui fermés ! Il s’agit d’invisible(s) de toute manière. Et si ça ne vous émeut pas, ne serait-ce qu’un tout petit peu, je rends mon tablier (ou vous offre une consultation psy).

Enfin, si parmi toutes ces propositions, vous ne trouvez pas votre bonheur, il sera peut-être temps de Se trouver. Cette pièce peu connue de Luigi Pirandello, magistralement mise en scène par Stanislas Nordey, fut un succès à la Colline l’an dernier. Dans un magnifique décor arts déco, on assiste au parcours initiatique d’une actrice en quête de son identité. À (re)voir au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, début octobre.

À votre tour de tester et de nous dire lequel sera élu votre produit de l’année !

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© Helmut Newton – Vogue

Du petit musée de la rue de Grenelle aux fastes du mastodonte des Champs-Élysées, de la peinture d’hommes de la Renaissance italienne par une femme à la photographie de femmes de la deuxième moitié du XXe siècle par un homme, on pourrait croire qu’il y a un pas immense. Et pourtant, les deux expositions que je suis allée voir au mois de juin ont au moins deux traits communs : leur prix… et leur longueur ! Tant pis pour moi.

Quelle qu’ait été ma déception d’avoir payé 12 € pour réserver ma place à l’exposition Helmut Newton, au Grand palais (prolongée jusqu’au 30 juillet, contrairement à ce que dit l’affiche) alors que j’aurais pu arriver au dernier moment, la bouche en cœur, vu le peu d’affluence (c’est une loi du genre, de toute façon : il suffit que je réserve pour que les files d’attente se vident), je dois quand même admettre que j’ai bien fait d’y accompagner Confituredine, un vendredi soir pluvieux de la mi-juin.

Le photographe germano-australien mondialement célèbre pour ses photos de mode des années 1960-70, notamment dans Vogue, m’était jusqu’alors à peu près inconnu. La photo de mode en général m’est de toute façon assez inconnue, voire j’avoue une légère aversion envers ces portraits retouchés de femmes inexpressives qui, pour moi, ne mettent absolument pas en valeur les créations des stylistes (qui, elles, peuvent m’attirer par leur esthétique ou leur virtuosité). Je n’attendais donc pas forcément grand chose de cette exposition, si ce n’est éventuellement me faire revenir sur mes a priori (oui oui, ça m’arrive !).

Autant le dire tout de suite : je ne suis pas revenue sur mes a priori en ce qui concerne les photographies de mode (qui constituent deux gros tiers de l’exposition). Je n’ai même pas vraiment compris en quoi H. Newton avait révolutionné ce style (mais c’est surtout parce que, n’y connaissant rien, je n’ai pas d’éléments de comparaison) : parce qu’il y a introduit la notion de « porno chic », avec ses allusions quasi systématiques au sado-masochisme ? Mouais (pour ne pas dire « beurk »)…

J’ai découvert en revanche un autre aspect du photographe : ses portraits de personnages célèbres (Yves Saint-Laurent, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert… mais aussi Jean-Marie Le Pen !) qui, eux, sortaient de l’ordinaire insipide que nous sert aujourd’hui la presse people. Mon préféré ? Celui de Salvador Dali, très vieux. Le peintre y a perdu de sa superbe et de son excentricité, mais gagné en humanité. Il m’a presque attendri ! A la toute fin de l’exposition, on découvre également quelques photographiques plus ou moins conceptuelles qui m’ont bien plu (cf. ci-dessus).

Peut-être irai-je découvrir sa femme, Alice Springs, à la Maison européenne de la photographie (pardon, la « meup« ), si je suis libre un mercredi soir d’ici la mi-novembre. Ainsi, la photographie de mode commencera-t-elle à m’être un peu familière !? En attendant, je n’ai pas acheté le catalogue haut-de-gamme de l’exposition en tirage limité, proposé pour la modique somme de 10 000 € à la sortie de l’exposition. Qui m’en voudra ?

Alice

© Grand Palais

N’allez tout de même pas croire que j’ai forcé Alice à aller voir cette expo et par-dessus le marché à réserver son billet parce que « le vendredi soir, on ne sait jamais tout ça, tout ça… ». Noooon, pas du tout : la fashion addict qui sommeille en elle avait simplement besoin de se révéler. Pour moi, le coming out est fait depuis longtemps : j’adore la mode, ses futilités et ses profondeurs, ses modèles, ses artisans et ses photographes, ce qu’elle dit de notre époque et de ses rapports sociaux.

Newton est un impertinent, pour ne pas dire plus, il use et abuse des codes du trash et du vulgaire, le « porno-chic » auquel fait allusion Alice. Et c’est justement ce côté sulfureux qui me fascine dans ses clichés. J’ai une affection particulière, comme beaucoup, pour son obsession quasi fétichiste des chaussures à talons hauts.

Je partage en revanche l’avis d’Alice sur la brièveté de l’expo, qui compte pourtant 200 tirages et un extrait du film réalisé par Alice Springs, Helmut by June (que nous n’avons pu regarder en raison de l’affluence dans la petite pièce qui abritait sa projection, alors que les autres espaces étaient très largement praticables). Toutefois, l’exposition permet malgré tout de se rendre compte de la diversité des territoires explorés par Newton tout au long de sa carrière. Si j’ai apprécié les photos de mode, et comme ma co-blogueuse, les portraits, elle m’a permis de découvrir les « big nudes« . Fonctionnant souvent en diptyque avec leur reflet habillé, ces nus intimidants impressionnent tant par leur format que par leur sujet.

Bon point pour le Grand palais, j’ai trouvé, cette fois-ci, la muséographie réussie (seul bémol pour la salle de projection donc). Les murs de couleur mettent en valeur le découpage thématique et donnent du rythme sans nous distraire des œuvres pour autant. Les photos de personnalités présentées dans une large pièce en demi-cercle donnent une impression de panthéon, tout à fait appropriée.

Ricochet ! Autre expo consacrée à un photographe ayant beaucoup œuvré dans le monde de la mode, j’avais adoré la rétrospective Jean-Paul Goude au musée des Arts décoratifs, vue en début d’année. La scénographie y était incroyable, tout comme la qualité et la richesse des œuvres présentées. Les expos proposées par ce musée me plaisent généralement énormément et je pense que nous aurons bientôt l’occasion d’en reparler. Oh, le teasing aguichage de la mort qui tue !

Si le travail de Newton et de Goude est extrêmement différent, il pose les mêmes questions sur des femmes présentées comme des objets de désir pur et, en même temps, si libres et émancipées (c’est mon point de vue, hein ? Je sais que certain(e)s risquent de bondir en lisant cela).

Et vous, avez-vous été dire un petit bonjour à Helmut dans sa galerie du Grand palais ? Et qu’en avez-vous pensé ?

Confituredine

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Sachez-le, je ne suis pas très amatrice de peinture italienne, que je trouve redondante (toujours les mêmes sujets, mêmes couleurs, mêmes codes figés) et qui, malgré les commentaires souvent dithyrambiques quant à l’expressivité et la finesse, me laisse de marbre (de Carrare, of course). J’ai pourtant essayé : je suis allée voir Titien et Botticelli au Luxembourg, Mantegna au Louvre, Le Caravage à Rome, et j’en passe, mais rien n’y fait. Seules les Noces de Cana de Véronèse trouvent grâce à mes yeux (mais davantage par la foule de détails que ce tableau renferme que par son esthétique).

Aussi, c’est plus par curiosité envers cette rare figure féminine de l’art que par véritable attrait que j’ai accompagné Confituredine rive gauche, au musée Maillol, pour l’exposition Artemisia.

Et j’ai bien fait ! L’histoire de cette Italienne du XVIIe siècle, confrontée aux us et coutumes de son temps, est édifiante (je vous laisse le plaisir de la découvrir), mais ses tableaux ne sont guère plus originaux que ceux de ses contemporains (par leur thème ou par leur traitement). Ses thèmes de prédilection (Judith et Holopherne, mon préféré par ailleurs ; Suzanne au bain ; Yaël et Sisra, que je ne connaissais pas…) sont cependant révélateurs de son rapport aux hommes, et c’est sans doute ce que j’ai préféré : voir pour une fois un (en l’occurence une) artiste de cette époque exprimer dans son œuvre autre chose qu’une réponse disciplinée à une commande.

Pour le reste, j’ai trouvé l’exposition courte (45 minutes en y allant doucement, mais sans audioguide…) et un peu chère (11 euros quand on n’est ni jeune ni vieux) même si, comparé à d’autres expositions (dont nous vous parlerons plus tard), cela reste acceptable.

Alice

Judith et Holopherne - Artemisia Gentileschi

Quant à moi, je me demande depuis quelques jours que vous dire de plus (et si possible d’intelligent) sur cette exposition. Et je sèche lamentablement. Je partage entièrement ce que vous en dit Alice. J’ajouterai simplement que c’est peut-être aussi en raison de l’organisation des œuvres, chronologique mais entrecoupée de regroupements thématiques, et peu « lisible » à mon avis, que l’exposition nous a paru un peu courte. Nous avons cherché une dernière salle en vain, et sommes donc un peu restées sur notre faim.

Artemisia, Pouvoir, gloire et passions d’une femme peintre se termine ce week-end et vaut vraiment que vous passiez faire un tour rue de Grenelle. Si comme nous, vous trouvez l’exposition un peu courte, prenez le temps d’admirer les belles collections permanentes de ce musée que j’aime beaucoup !

Confituredine

 

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