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Archive for the ‘Dans les oreilles’ Category

Je n’ai pas vraiment de théorie à vous exposer concernant ma trop longue absence en ces lieux. Peut-être étais-je simplement trop occupée à me concentrer sur une autre théorie, celle du nuage ?

Je vous explique : La théorie du nuage sera le quatrième spectacle de la compagnie Petite Nature, une nouvelle fois écrit et mis en scène par Élise Truchard et Alessandro Vuillermin. Il est actuellement en création et la première représentation aura lieu à l’automne prochain. Ce sera un spectacle sans paroles, mêlant théâtre et arts numériques, né des sensations éprouvées face aux nuages.

THN

Le dispositif numérique que la compagnie souhaite mettre en place demande un apport financier conséquent, notamment pour l’acquisition de matériel et le développement informatique. C’est pourquoi, elle a lancé une collecte de financement participatif via Ulule. Alors, si vous avez envie de soutenir la création théâtrale, c’est le  moment : http://fr.ulule.com/theorie-nuage/ !

Il ne reste plus que quelques jours pour réunir la somme nécessaire !

Sachez que si vous n’avez pas beaucoup de moyens, la première « marche » est à 5 €, et qu’il n’y a pas de petit don ! Si vous avez un peu plus de sous et que vous payez des impôts, votre don est déductible à 66%.

Et surtout, diffusez l’info le plus possible autour de vous : mails, réseaux sociaux, blogs, dîners mondains et machines à café…

Je compte sur vous. D’avance, un énorme merci.
Plus d’infos sur le spectacle et la compagnie : ici.

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Incredible, comme le spectacle dont je vous parle aujourd’hui : je publie un article ! Vous deviez penser que je boudais, depuis le temps. Ben, non, mais parfois l’angoisse de la page blanche tout ça. J’en fait un peu trop là, non ?

Quoi qu’il en soit, des batuqueiros déchaînés, croisés au hasard d’une Fête de la musique, ont rappelé à mon bon souvenir d’autres joueurs de tambours dont je voulais vous parler : les Fills Monkey.

Sébastien Rambaud et Yann Coste, profession batteurs, s’offrent une parenthèse humoristique en dehors de leurs groupes musicaux respectifs, avec leur Incredible Drum Show. Ce spectacle mêle performances rythmiques, jonglage, clowneries. Tantôt en duo, tantôt en duel, ils se répondent et s’affrontent pendant une heure. Vous commencez à connaître mon amour pour les poètes un peu dingues, ces deux-là sont prêts pour entrer au Panthéon de la folie douce de mon cœur.

Ci-dessous, une courte performance de air battery pour vous allécher !

Je crois que vous pouvez encore les voir une fois ou deux au Sentier des Halles, sinon ils seront en Avignon en juillet, ou encore au Trianon le 14 décembre. N’hésitez pas une seconde.

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Entre deux des spectacles vus dernièrement, mon cœur balance et je ne sais duquel vous parler. Alors tant pis, je ne trancherai pas et vous aurez le droit aux deux !

El-Djoudour-c-Dan-Aucante

Après Univers… l’Afrique, vue à Suresnes en janvier, je comptais profiter du festival Sur les frontières, encore en cours au théâtre de Chaillot, pour approfondir ma connaissance d’Abou Lagraa, dont je n’avais rien vu jusqu’à cette année. Avec deux pièces à mon actif, on ne peut pas dire que l’échantillon soit représentatif, mais je l’estime quand même suffisant pour me donner envie d’explorer encore davantage l’œuvre du chorégraphe algérien, qui me paraît fort prometteuse (en futurs bons moments pour moi). Pour El Djoudour (Racines), l’ambiance n’est plus à l’intime, avec 14 danseurs sur scène, mais le thème du couple, de l’opposition homme / femme, était encore central, et la mise en scène minimaliste mais efficace, des portants mobiles signifiant une frontière tantôt repoussée, tantôt traversée. J’ai particulièrement aimé, à la fin, tout le jeu avec la terre, projetée par les danseurs, dont l’effet visuel était très beau. Si vous passez par Chalon-sur-Saône, en mai, ou par Lyon, en juillet, je vous conseille de vous laisser prendre dans ces racines.

Surnatural Orchestra

  Surnatural Orchestra – « La toile »

Dans un tout autre registre, mais toujours dans l’optique d’approfondir ma connaissance d’un metteur en scène, j’ai profité du dézonage de mon pass Navigo pour me rendre à Saint-Quentin-en-Yvelines, le week-end dernier, voir une troisième pièce de la compagnie Les Colporteurs, laquelle était accompagnée, cette fois-ci, du Surnatural Orchestra, dont les spectacles sont toujours incroyables. J’ai été quelque peu surprise par le résultat : il s’agissait finalement plutôt d’un concert illustré par du cirque, alors que je m’attendais à voir du cirque accompagné par de la musique live (et qui plus est, je m’attendais à davantage de funambulisme, puisque la troupe s’est montée au départ autour d’Antoine et Agathe Rigot, tous deux funambules). Vu le nombre de personnes qui sont sorties en cours, je ne suis visiblement pas la seule à avoir été déroutée. Il faut dire aussi que la musique est originale, jouée par 19 musiciens passant d’un instrument (« classique ») à un autre (bricolé) et improvisant en chœur. Je ne suis pas mécontente du déplacement, mais au final, je continue quand même de préférer les deux précédents spectacles : Le fil sur la neige, époustouflant, et Sur la route, très émouvant (les premiers pas d’A. Rigot sur un fil, après son accident).

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Un thème qui s’impose, vous disais-je… et voilà que le mois de mars le confirme. Cette fois, il n’est plus question de monologues ou de récits intimes mais, au contraire, d’histoires foisonnantes et quasi universelles, qui englobent des siècles d’histoire ou des civilisations millénaires. Le mois n’est pas terminé, me direz-vous. Et d’ailleurs, mon petit doigt me dit que, avec les vacances qui se profilent, j’aurai encore un petit lot d’histoires peuplées de monstres dans des lacs et de châteaux hantés à mémoriser !

milleetunenuits

Pour assurer la transition d’un thème à l’autre, je suis allée redécouvrir des histoires racontées dans l’intimité, mais universellement connus : ceux des Mille et une nuits, à l’Institut du monde arabe. L’exposition est aussi riche que ces contes rassemblés au fil des siècles et dont l’origine est parfois inconnue, même s’il est hélas prouvé, je me dois de vous le dire, qu’Aladdin et Ali Baba ont été inventés par un Français ! (eh oui ma bonne dame, on ne peut plus faire confiance à personne !). Les vieux manuscrits persans ou arabes laissent la place à des enluminures, des poteries, des extraits de films… Ces récits en ont inspiré plus d’un ! Mais qui du conte ou de la réalité a inspiré l’autre, dans nos perceptions actuelles ? C’est un peu la question que cette exposition pose, mais sans donner de réponse claire. Je vous laisse trouver la vôtre, de réponse, d’ici au 28 avril !

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Loin des mille et une nuits dans le temps, mais proche dans sa construction et son lieu, la pièce Le porteur d’histoire, que j’avais loupée au Théâtre 13, se joue au Studio des Champs-Elysées jusque fin juin. Ne faites pas la même erreur que moi pour le premier tour : ne la laissez pas passer ! La salle est petite et encombrée, les sièges grincent et font mal au dos, mais le rythme de l’histoire (ou plutôt des histoires) et le jeu des acteurs vous tiendront suffisamment en haleine pour l’oublier. J’ai rarement été aussi captivée par une pièce. Les cinq acteurs jouent des dizaines de personnages, célèbres ou inconnus, la grande Histoire côtoie de petites, la réalité se mêle à la fiction : en sortant, on ne sait plus si on vient d’assister à une leçon d’histoire (et quelle histoire d’ailleurs ? celle de la littérature française ? celle de la politique coloniale française ? celle d’une famille ?) ou « seulement » à une belle histoire pour grands enfants. Et peu importe à vrai dire. L’important, c’est qu’elle reste à l’esprit plusieurs soirs d’affilée… et qu’on attende encore la suite quelques semaines plus tard !

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Dans un autre genre, mais tout aussi poétique, le théâtre des Abbesses (tiens, ça faisait longtemps !) redonnait la pièce présentée l’an dernier dans le cadre de Chantiers d’Europe (et que je n’avais pas vue alors), The animals and children took the streets, d’une compagnie britannique qui mêle animation projetée sur écran et acteurs vivants, le tout dans une ambiance digne d’une comédie musicale d’Edward Burton. La pièce est en anglais surtitré, mais je pense qu’une version muette serait tout aussi compréhensible, tellement le jeu des acteurs est expressif. Décidément, alors que j’avais des goûts plutôt classiques en matière de théâtre, je vais finir par aimer le mélange des genres !

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kafigbresil

Käfig Bresil

Et voilà, février est déjà avancé et je ne vous ai toujours pas parlé du désormais traditionnel festival de janvier : Suresnes cité danse. Comme d’habitude, j’ai profité de l’offre trois spectacles et ai découvert ou revu des compagnies et des chorégraphes sélectionnés par le théâtre Jean Vilar.

Au rayon « revoyure », j’ai eu le plaisir de constater que le chorégraphe Mourad Merzouki et la compagnie Käfig Brasil font toujours aussi bon ménage, même si, en réalité, M. Merzouki n’était « que » le coordinateur, pour cette pièce qui faisait appel à quatre autres chorégraphes. Leur dynamisme et leur enthousiasme sont vraiment communicatifs et j’ai adoré la mise en scène, avec des éléments du décor intégrés à la chorégraphie et un passage de human beatbox particulièrement réussi. Si vous voulez les voir, ils seront à Pantin, en mars, puis à Villejuif et à Sceaux, en avril (ah, j’aime ça, dérouler une tournée qui ne passe pas par Paris ! oui, je suis sadique à mes heures de banlieusarde perdues…)

Au rayon « découverte », deux chorégraphies aux accents de voyage, complètement différentes. La première, Tam taï, de Karine Saporta, était une coopération avec une troupe de percussionnistes traditionnels taïwanais. J’ai beaucoup aimé la musique et certains passages dansés aux allures d’art martial, mais le texte aux accents de slam, récité par dessus, m’a un peu gâché le plaisir. Comme les voix off dans certains documentaires, il n’apportait rien et alignait les poncifs, sans compter que les danseurs le récitaient en play-back et que c’était raté (je ne le leur reproche pas : ce n’est pas leur boulot… mais je n’ai pas compris l’intérêt de ce détail).

De son côté, Univers… l’Afrique, d’Abou Lagraa, m’a énormément plu. Ses deux parties, toutes deux des quatuors, sont très différentes par leur chorégraphie (deux couples dans le premier ; quatre hommes dans le deuxième), mais se rejoignent par leur musique (de très belles chansons de Nina Simone que je ne connaissais pas, notamment Love me or leave me…) et leur grâce… parfois inattendue. Parmi les quatre danseurs de la deuxième partie, en effet, je me serais attendu à revoir deux d’entre eux le lendemain, sur la pelouse du Stadio Olimpico, en short, maillot et crampons, les oreilles en chou-fleur et le nez aplati. Mais non, ils étaient bien là, sur la scène de Suresnes, à faire des entrechats et des pirouettes (hum… je me rends compte qu’un petit cours de vocabulaire de la danse ne me ferait pas de mal !) et, passé le premier moment de scepticisme (et de préjugés), il faut reconnaître que c’était très beau.

Vivement l’année prochaine ! Qui m’accompagnera ?

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Univers… l’Afrique (1re partie)

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© Richard Haughton

Dans la droite ligne de ses routes verticales qui m’avaient tant émue il y a deux ans (et que je n’ai pas manqué d’aller revoir à Colombes, cette année, comme promis à la rentrée), Akram Khan est un guide idéal pour m’emmener vers d’autres cieux. Sa dernière création, qu’il interprète seul au théâtre de la Ville, ne déroge pas à la règle.

Intitulé « Desh », en hommage à la terre des ancêtres du chorégraphe (au Bangladesh), ce solo s’ouvre et se ferme avec l’évocation sonore du pays mais aussi du conflit, parfois violent, entre le fils grandi en Occident et le père déraciné. Plusieurs tableaux déroulent ce conflit : parfois tendres, parfois durs, parfois poétiques, parfois drôles… A vrai dire, je suis un peu démunie pour décrire tout ce qui se bouscule là-dedans ! Finalement, plus que de terre, je dirais que cette pièce parle de racines, de celles dont on voudrait se débarrasser mais qui nous retiennent fermement, s’imposant à nous lorsqu’on s’y attend le moins. Mais c’est là la beauté du spectacle vivant : chacun y lit ce qu’il veut ou peut, et très certainement mes voisins en ont-ils retenu tout autre chose.

Malheureusement, il vous sera sans doute difficile de me dire ce que vous en avez pensé, de votre côté : les prochaines représentations à Paris sont déjà complètes et les suivantes en France auront lieu à Chalon-sur-Saône, Grenoble et Brest. Mais je reste optimiste quant à un retour dans un ou deux ans, auquel cas je ne manquerai pas de vous en informer !

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Dans la famille des pièces de théâtre qui font réfléchir sur des sujets vitaux tout en divertissant, je demande… la fille, la mère, la grand-mère, la tante et la cousine. Oui oui, toutes les femmes de la famille. Et celles des autres familles aussi, tiens ! Pourquoi s’arrêter à un cercle aussi restreint, après tout ? Le sujet des femmes ne mérite pas qu’on se restreigne.

Il mérite en revanche qu’on fasse un petit effort pour aller admirer les cinq actrices de la pièce Modèles, mise en scène par Pauline Bureau et qui vient de se terminer au théâtre du Rond-Point. Car qui dit « vient de se terminer mais j’en parle quand même » dit donc  : « vive la banlieue et les régions françaises » ! (le 16 novembre à Villejuif, le 18 décembre à Maisons-Alfort, les 30-31 janvier à Angers, le 25 mars à Châtenay-Malabry, entre autres…)

Pourquoi un tel enthousiasme ? Parce que. Parce que cette pièce touchera forcément toutes les femmes qui iront la voir, à un moment ou à un autre (et pas forcément quand elles s’y attendent). Parce qu’elle touchera aussi les hommes qui les aiment et/ou qui cherchent à les comprendre. Parce qu’elle dérange. Parce qu’elle met en mots et en gestes des situations anodines et pourtant si exemplaires. Parce qu’elle fait rire et pleurer tout en même temps.

Parce que le mot de la fin est un mot parfois tabou aujourd’hui, alors qu’il est tellement beau. Mais je vous laisse le découvrir par vous-mêmes…

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