Feeds:
Articles
Commentaires

Une de plus !

kafigbresil

Käfig Bresil

Et voilà, février est déjà avancé et je ne vous ai toujours pas parlé du désormais traditionnel festival de janvier : Suresnes cité danse. Comme d’habitude, j’ai profité de l’offre trois spectacles et ai découvert ou revu des compagnies et des chorégraphes sélectionnés par le théâtre Jean Vilar.

Au rayon « revoyure », j’ai eu le plaisir de constater que le chorégraphe Mourad Merzouki et la compagnie Käfig Brasil font toujours aussi bon ménage, même si, en réalité, M. Merzouki n’était « que » le coordinateur, pour cette pièce qui faisait appel à quatre autres chorégraphes. Leur dynamisme et leur enthousiasme sont vraiment communicatifs et j’ai adoré la mise en scène, avec des éléments du décor intégrés à la chorégraphie et un passage de human beatbox particulièrement réussi. Si vous voulez les voir, ils seront à Pantin, en mars, puis à Villejuif et à Sceaux, en avril (ah, j’aime ça, dérouler une tournée qui ne passe pas par Paris ! oui, je suis sadique à mes heures de banlieusarde perdues…)

Au rayon « découverte », deux chorégraphies aux accents de voyage, complètement différentes. La première, Tam taï, de Karine Saporta, était une coopération avec une troupe de percussionnistes traditionnels taïwanais. J’ai beaucoup aimé la musique et certains passages dansés aux allures d’art martial, mais le texte aux accents de slam, récité par dessus, m’a un peu gâché le plaisir. Comme les voix off dans certains documentaires, il n’apportait rien et alignait les poncifs, sans compter que les danseurs le récitaient en play-back et que c’était raté (je ne le leur reproche pas : ce n’est pas leur boulot… mais je n’ai pas compris l’intérêt de ce détail).

De son côté, Univers… l’Afrique, d’Abou Lagraa, m’a énormément plu. Ses deux parties, toutes deux des quatuors, sont très différentes par leur chorégraphie (deux couples dans le premier ; quatre hommes dans le deuxième), mais se rejoignent par leur musique (de très belles chansons de Nina Simone que je ne connaissais pas, notamment Love me or leave me…) et leur grâce… parfois inattendue. Parmi les quatre danseurs de la deuxième partie, en effet, je me serais attendu à revoir deux d’entre eux le lendemain, sur la pelouse du Stadio Olimpico, en short, maillot et crampons, les oreilles en chou-fleur et le nez aplati. Mais non, ils étaient bien là, sur la scène de Suresnes, à faire des entrechats et des pirouettes (hum… je me rends compte qu’un petit cours de vocabulaire de la danse ne me ferait pas de mal !) et, passé le premier moment de scepticisme (et de préjugés), il faut reconnaître que c’était très beau.

Vivement l’année prochaine ! Qui m’accompagnera ?

univers-lafrique-hd-300x199

Univers… l’Afrique (1re partie)

Publicités

Dans la série « On teste pour vous », je voudrais une exposition inattendue, farfelue et inconnue. Bonne pioche !

museum-everything

Confituredine m’avait laissé le choix, ce soir-là, entre des expositions dont j’avais entendu parler et d’autres non. J’en ai bien évidemment choisi une de la deuxième catégorie (il faut savoir vivre dangereusement !). Du coup, je ne m’attendais à rien, ce qui tombait à pic : j’aurais sans doute été déçue, sinon, parce que je n’aurais jamais pu m’attendre à ça. Ça quoi, d’ailleurs ? Eh bien je ne saurais même pas vous dire !

Le laïus sur le site et à l’entrée du « musée » (une ancienne école désaffectée) évoque une œuvre de pédagogie, voire de salubrité publique : faire découvrir des artistes inconnus, qui ne sont même pas répertoriés en tant qu’artistes. L’intention est louable. Mais alors pourquoi rester si confidentiel ? J’ai la prétention de faire partie des gens relativement bien informés sur la vie culturelle francilienne, et pourtant je n’avais jamais entendu parler de cette exposition ! Apparemment, seuls des happy few y ont eu accès (l’avantage, c’est qu’on n’est pas bousculé dans les salles).

Et quand je dis « happy few », c’est à dessein que j’emploie la langue de Shakespeare. En effet, si, au début, on peut noter (encore) une louable intention, à savoir traduire les cartels rédigés en anglais, il faut croire que les organisateurs se sont vite lassés de copier-coller les textes dans Babelfish et ont décidé de laisser le visiteur se débrouiller. Ça ne me gêne pas dans l’absolu : l’exposition est censée tourner dans le monde, je conçois que cela soit compliqué et long pour une petite équipe avec peu de moyens de tout traduire dans toutes les langues. Mais quitte à commencer, autant aller jusqu’au bout, non ? Et a minima, autant le faire bien.

Well, well, je sens que je vais (encore) passer pour une vieille  aigrie. Tant pis. Ne vous fiez pas à cet accès d’humeur pour autant : en réalité, j’ai trouvé le concept très intéressant, la scénographie et le lieu originaux (cf. photos de Confituredine : dommage qu’il ait été interdit de photographier l’intérieur, même si certains ne s’en sont pas privé…) et certaines œuvres remarquables. Mais il y en avait tellement que j’ai bien entendu oublié le nom de leur créateur : comme quoi, le but initial n’est pas atteint ! En tout cas, pas auprès de moi…

Alice

DSC03512

Cette visite m’a, quant à moi, laissée circonspecte : se moque-t-on de nous, rien qu’un peu, même gentiment ? Sûrement un chouia, comme peuvent le laisser penser les affichettes homemade promettant une amende de 1000 € si vous bravez l’interdiction de brandir votre appareil photo, qui ressemblent presque à une blague. Ou comme peut le laisser croire le texte d’accueil de la Chalet society

Ah oui ! Intriguée, j’ai fouiné. Donc : la Chalet society est une structure, mobile, qui souhaite proposer une nouvelle manière d’aborder l’art, loin des pratiques institutionnelles habituelles. Le premier lieu à l’accueillir est ce bâtiment scolaire désaffecté du boulevard Raspail, en plein 7e arrondissement donc, prêté, par le groupe Emerige dont le président Laurent Dumas est visiblement un collectionneur émérite, à Marc-Olivier Wahler, ancien directeur du Palais du Tokyo. Si loin des institutions artistiques et du microcosme de l’art contemporain, en effet ! Si j’ajoute que certaines œuvres présentées dans l’exposition sont accompagnées de textes rédigés par de grandes figures de l’art contemporain (Boltanski, Messager, etc.), ne commencez-vous pas à trouver un peu d’ironie là-dedans ? 

Je dois préciser que The Museum of everything est l’exposition inaugurale de la Chalet society. On retombe sur nos pattes. Son fonds a été constitué par l’Anglais James Brett dans le but de monter et montrer une importante collection d’art brut. Dans sa version parisienne, elle contient plus de 500 œuvres, très diverses dans leurs thèmes, leurs formes, leurs supports. Comprenez le trop-plein d’Alice. En effet, ce fut trop pour bien voir et surtout retenir. Pourtant, quelques pépites surprenantes se trouvent dans le labyrinthe de cet ancien collège. Dommage, elles risquent d’être vite oubliées, noyées dans la masse. Ce foisonnement, en plus du lieu, insolite, donne toutefois une atmosphère très particulière à cette expo. Si vous aimez les doux-dingues et les ambiances arty berlinoises, foncez. 

DSC03514

Pour rebondir sur le ressenti d’Alice, mon petit doigt me dit que le plan de communication est probablement millimétré. La recette : faites parler de vous sans trop quand même. Organisez une soirée d’inauguration réservée à des VIP. Comptez sur un article du Monde au moment du lancement, puis plus rien. Laissez faire le bouche-à-oreilles. Restez lacunaire et imprécis sur votre site Internet pour cultiver le mystère. N’autorisez l’entrée que sur inscription. Laissez croire aux visiteurs qu’ils participent au rayonnement d’artistes injustement méconnus avec un don à l’entrée. Avec tout ça, s’ils n’ont pas l’impression d’être des privilégiés, d’avoir dégoté le bon plan expo de la saison à se refiler sous le manteau (ou sur son blog), bref d’être au sommet de la hype, il ne vous reste plus qu’à espérer qu’ils diront tout de même du mal de votre projet. La publicité, même critique, reste de la publicité. 

Je pense que Marc-Olivier Wahler ne se prend pas trop au sérieux. Et nous suggère d’en faire de même. Ou suis-je totalement parano ? Pour moi, en tous cas, le but est atteint : mes petites méninges ont bien fait leur boulot de « réflexion sur l’institution artistique contemporaine ».

Confituredine

De la Terre à la Lune…

Richard Haughton

© Richard Haughton

Dans la droite ligne de ses routes verticales qui m’avaient tant émue il y a deux ans (et que je n’ai pas manqué d’aller revoir à Colombes, cette année, comme promis à la rentrée), Akram Khan est un guide idéal pour m’emmener vers d’autres cieux. Sa dernière création, qu’il interprète seul au théâtre de la Ville, ne déroge pas à la règle.

Intitulé « Desh », en hommage à la terre des ancêtres du chorégraphe (au Bangladesh), ce solo s’ouvre et se ferme avec l’évocation sonore du pays mais aussi du conflit, parfois violent, entre le fils grandi en Occident et le père déraciné. Plusieurs tableaux déroulent ce conflit : parfois tendres, parfois durs, parfois poétiques, parfois drôles… A vrai dire, je suis un peu démunie pour décrire tout ce qui se bouscule là-dedans ! Finalement, plus que de terre, je dirais que cette pièce parle de racines, de celles dont on voudrait se débarrasser mais qui nous retiennent fermement, s’imposant à nous lorsqu’on s’y attend le moins. Mais c’est là la beauté du spectacle vivant : chacun y lit ce qu’il veut ou peut, et très certainement mes voisins en ont-ils retenu tout autre chose.

Malheureusement, il vous sera sans doute difficile de me dire ce que vous en avez pensé, de votre côté : les prochaines représentations à Paris sont déjà complètes et les suivantes en France auront lieu à Chalon-sur-Saône, Grenoble et Brest. Mais je reste optimiste quant à un retour dans un ou deux ans, auquel cas je ne manquerai pas de vous en informer !

desh-2

Le mois de novembre est un mois terne : la météo est grisounette, les jours fériés sont dédiés aux morts, les journées ont sérieusement raccourci… Heureusement, c’est aussi le mois de la Photo à Paris. Et même, les années paires, c’est un double mois de la Photo : l’officiel et l’officieux. Cette année, j’ai décidé de profiter un peu des deux et ai donc écumé quelques galeries, officielles et officieuses (librairies, petits locaux annexes de restaurant…).

J’ai donc vu diverses œuvres, argentiques ou numériques, noir & blanc ou couleurs, portraits, paysages ou photos conceptuelles, de l’original ou du classique, du qui-m’a-beaucoup-plu et du qui-m’a-laissée-perplexe. Toutes ont cependant eu un point commun (hormis le fait qu’il s’agissait de photos, of course) : exciter ma curiosité et me faire regretter, une fois de plus, de m’y être prise un peu tard (et par conséquent, d’avoir dû renoncer à d’autres). L’an prochain, je ne me ferai pas avoir ! Enfin, j’essaierai…

Lesquelles m’ont le plus plu, me demandez-vous (si si, je suis sûre, vous vous le demandez) ? C’est difficile à dire. Mais je crois quand même qu’il y en a cinq en particulier dont j’ai envie de vous parler, pour cinq raisons complètement différentes :

– celle de Rémi Chapeaublanc, à la librairie Le 29 (une librairie spécialisée dans la photographie), rue des Récollets, à côté de la gare de l’Est (pour ceux qui connaissent, c’est juste à côté du magasin de bombes de peinture « 400ml »). Pourquoi donc ? Pour le parallèle qu’il fait implicitement entre ses portraits d’êtres humains de tous âges et ses portraits d’animaux : les deux sont faits dans les mêmes conditions (posés, devant un fond uni noir) et c’est saisissant (deux jeunes femmes mongoles, d’un côté, cet aigle bec grand ouvert, les plumes hérissées, de l’autre, par exemple) ;

Gods and Beasts

Rémi Chapeaublanc – série Gods and Beats

– celle de Jean-Pierre Porcher, à la Maison de l’architecture d’Île-de-France, juste à côté de la précédente. Le thème en est l’architecture de Le Corbusier , mais encore fallait-il le savoir. Ce qui m’a plu ? Son côté déroutant : on ne sait pas bien ce qu’il a pris en photo (un détail de rampe d’escalier ? un encadrement de fenêtre ?), mais l’impression sur papier Canson donne un aspect de peinture, avec de grandes taches colorées, très agréable à l’œil (mais qui ne se perçoit bien évidemment pas sur écran) ;

Jean-Pierre Porcher, Claustra

Jean-Pierre Porcher, Claustra

– celle de Thibault Brunet, à la galerie Binôme, que vous connaissez désormais. A vrai dire, j’y suis allée davantage parce que j’avais dit que j’y retournerais, et que je tiens (presque) toujours mes promesses, que parce que l’exposition m’intéressait. J’étais loin d’imaginer ce qui m’attendait : un monde parallèle, tout simplement. T. Brunet prend en effet des photos à l’intérieur d’un jeu vidéo ! Comme me l’a expliqué la personne qui tenait la galerie ce soir-là (V. Cazin étant occupée à tenir un stand pour la foire de photo Nofound), ce ne sont pas des copies d’écran comme je le pensais, mais bien des photos prises de l’intérieur, par l’avatar du photographe ! J’avoue que j’ai un peu du mal à concevoir la chose, étant pour ainsi dire nullissime en matière de jeux vidéo, mais le résultat est assez bluffant (mais qui du photographe ou du concepteur du jeu est à remercier ? un peu des deux, en fait…) ;

Thibault Brunet, série First Person Shooter

Thibault Brunet, série First Person Shooter

– celle d’Emilie Vialet et Guillaume Greff, à la galerie Schumm-Braunstein. Elle était sur mon chemin ce soir-là et ne m’aurait peut-être pas fait faire de détour à la simple lecture du descriptif, mais je ne regrette absolument pas d’avoir galéré pour attacher mon vélo. La toute petite rue de Montmorency (oui oui, je m’embourgeoise) ne met pas tellement en valeur ce lieu, mais heureusement, l’étroitesse de la rue est compensée par la chaleur de l’accueil de la galeriste (décidément, il va falloir que je revoie mes préjugés sur la profession…) qui a pris le temps, alors qu’elle était en pleine conception du prochain accrochage avec une artiste, de m’expliquer pourquoi elle avait choisi de regrouper ces photographes, comment elle les avait fait se rencontrer et le projet collectif auquel ils participaient (explorer les lieux « blancs » sur les cartes IGN… je tâcherai de vous en reparler quand j’aurai pris le temps d’en savoir un peu plus). Après la galerie Binôme, une autre belle rencontre, donc ;

– celle, enfin, de Jean-Louis Chabry, au magasin de mobilier Idea, dans le quartier des Halles. La photo utilisée dans le catalogue m’avait interpellée, parce que je connais l’immeuble en question. Aussi, j’étais curieuse de voir le reste, mais sans forcément beaucoup attendre d’une série de photos d’immeubles (le sujet me paraissait un peu commun…). Quel étonnement ! Au premier abord, on croirait que les photos sont prises en panoramique, et puis… il y a un truc qui dérange, mais il est difficile de le définir. Et tout à coup, c’est évident : ces photos sont prises dans des rues souvent étroites (sauf celle sus-mentionnée, justement) et pourtant, on a l’impression d’avoir des dizaines de mètres de recul. En fait, il s’agit de plusieurs photos, accolées les unes aux autres pour donner cette impression de panoramique. Et le plus étonnant (pour moi), c’est que le photographe ne travaille qu’avec de l’argentique : le montage est donc fait au tirage. Et quand on sait le temps que ça prend de faire une seule photo, on imagine le travail de titan que chaque œuvre représente. J’ai vraiment été bluffée.

Jean-Louis Chabry, rue Blanche

Jean-Louis Chabry, rue Blanche (eh oui !)

Maintenant que j’ai fait l’exercice de sélectionner les expositions qui m’avaient plu, j’aurais presque continué sur ma lancée pour vous parler de toutes les autres, mais bon… Je conçois que vous ayiez envie de passer à autre chose. Je m’arrêterai donc là, en vous disant : « À l’année prochaine pour de nouvelles aventures photographiques ! ». Mais je vous préviens : j’envisage de vous faire participer, histoire d’avoir un panel un peu plus large pour la sélection !

Oui, bon, ça va, on sait : on vous avait promis cet article pour la rentrée et la rentrée, c’est (déjà) loin. Mais on dira que c’est la rentrée universitaire. Ou la rentrée des vacances de la Toussaint. Ou la rentrée dans l’hiver. Enfin, comme on dit « vieux motard que j’aimais ».

Si, en réalité, j’ai mis tant de temps à commencer cet article, c’est que, malgré mes nombreuses lectures des derniers mois, je n’ai pas eu tant de coups de cœur que cela. Mais comme je tenais à ne vous conseiller que des bonnes choses, il n’y aura pas que du neuf dans cette sélection. Et encore beaucoup de romans graphiques, mais pas que. On y va ?

Pour ceux qui peuvent passer des heures à regarder tous les détails de tous les dessins de toutes les pages d’un livre, il y a :

Tea party de Nancy Pena parce que cette jeune auteur mérite qu’on connaisse mieux son univers singulier et son trait envoûtant.

Les Amateurs de Brecht Evens parce qu’il nous raconte, avec de sublimissimes dessins, une histoire digne d’un épisode de strip-tease.

Pour ceux qui rêvent de bouts du monde, il y a :

Chère Patagonie de Jorge Gonzàlez parce que l’on y (re)découvre une histoire de la Patagonie, dans un style dense et très personnel.

Les Larmes de l’assassin de Thierry Murat parce que c’est un livre doux et silencieux sur un sujet d’une tristesse absolue.

Pour ceux qui veulent mourir moins bête, il y a :

La science, c’est pas du cinéma de Marion Montaigne parce qu’on apprend en riant.

Quoi de neuf, docteur Moustache ? de Marion Montaigne, toujours, parce qu’on rit en apprenant.

Pour ceux qui aiment les belles, très belles, histoires d’amour qui font voyager, il y a :

Cinq mille kilomètres par seconde de Manuele Fior parce que ses aquarelles magnifiques nous promènent à travers le monde et le temps.

Habibi de Craig Thompson parce qu’il nous livre un récit dédaléen, inspiré des Mille et une nuits, dont l’univers graphique est étourdissant.

Pour ceux qui lisent aussi des romans pas graphiques, surtout des qui font pleurer, il y a :

Mon traître (et Retour à Killybegs) de Sorj Chalandon parce que ce récit passionnant montre, au travers d’une amitié, une « guerre », si proche de nous et qu’on ne connaît pourtant pas si bien.

Gare du Nord de Abdelkader Djemaï parce que les tranches de vie, émouvantes et bien écrites, de ces trois chibanis de la Goutte d’or résonneront longtemps en vous après que vous ayez fermé ce livre.

Bon, et du coup, si vous avez des recommandations à nous faire pour remplir nos étagères, n’hésitez surtout pas à partager.

Sois toi et t’es belle…

Dans la famille des pièces de théâtre qui font réfléchir sur des sujets vitaux tout en divertissant, je demande… la fille, la mère, la grand-mère, la tante et la cousine. Oui oui, toutes les femmes de la famille. Et celles des autres familles aussi, tiens ! Pourquoi s’arrêter à un cercle aussi restreint, après tout ? Le sujet des femmes ne mérite pas qu’on se restreigne.

Il mérite en revanche qu’on fasse un petit effort pour aller admirer les cinq actrices de la pièce Modèles, mise en scène par Pauline Bureau et qui vient de se terminer au théâtre du Rond-Point. Car qui dit « vient de se terminer mais j’en parle quand même » dit donc  : « vive la banlieue et les régions françaises » ! (le 16 novembre à Villejuif, le 18 décembre à Maisons-Alfort, les 30-31 janvier à Angers, le 25 mars à Châtenay-Malabry, entre autres…)

Pourquoi un tel enthousiasme ? Parce que. Parce que cette pièce touchera forcément toutes les femmes qui iront la voir, à un moment ou à un autre (et pas forcément quand elles s’y attendent). Parce qu’elle touchera aussi les hommes qui les aiment et/ou qui cherchent à les comprendre. Parce qu’elle dérange. Parce qu’elle met en mots et en gestes des situations anodines et pourtant si exemplaires. Parce qu’elle fait rire et pleurer tout en même temps.

Parce que le mot de la fin est un mot parfois tabou aujourd’hui, alors qu’il est tellement beau. Mais je vous laisse le découvrir par vous-mêmes…

Racines aériennes

Dites-moi, ça fait quelques temps qu’on ne s’est pas balancé sur quelque musique entraînante, par ici, non ? À croire que, l’hiver approchant, nous avons pris racine pour ne plus bouger du carré de chaleur devant la cheminée. Rassurez-vous cependant : ce n’est pas le cas (quoique… j’ai par devers moi quelques châtaignes amoureusement ramassées dans les landes girondines qui n’attendent que de se faire griller et dévorer).

Si les landes girondines sont effectivement une moitié de mes origines, c’est d’autres types de racines que la chanteuse malienne Rokia Traoré est venue présenter à la cité de la Musique, hier soir. Son projet « Roots » a été monté dans le cadre de sa fondation, Passerelle. Celle-ci vise à former des musiciens et techniciens de la musique (son, lumière, etc.) et à les aider à vivre de leur art dans leur pays. C’est ainsi que R. Traoré, dont la réputation en France n’est plus à faire, a constitué un groupe de musiciens compatriotes, avec lesquels elle est partie en tournée pour présenter les chansons qui l’ont nourrie, qu’elles soient du Mali, de l’Afrique en général ou d’ailleurs. Je vous conseillerais bien d’acheter le CD, ne serait-ce que pour sa reprise de Ces gens-là de Jacques Brel (une racine commune entre la chanteuse et moi !), qui restera gravée dans mon esprit, mais le projet n’a pas vocation à être enregistré… et c’était le dernier concert de la tournée (oui, je sais, nous sommes incorrigibles, Confituredine et moi).

C’est peut-être mieux ainsi, cela dit : les concerts de R. Traoré sont toujours de grands moments d’émotion, non seulement à cause de sa musique, mais surtout de sa présence sur scène, qui se doit d’être vécue. Tout juste pouvez-vous en avoir un aperçu sur la vidéo de présentation diffusée par Arte Live. Que vous aimiez ou pas la musique africaine, et surtout si vous ne la connaissez pas, allez la voir quand vous aurez l’occasion. Vous ne le regretterez pas.