Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘danse’

Entre deux des spectacles vus dernièrement, mon cœur balance et je ne sais duquel vous parler. Alors tant pis, je ne trancherai pas et vous aurez le droit aux deux !

El-Djoudour-c-Dan-Aucante

Après Univers… l’Afrique, vue à Suresnes en janvier, je comptais profiter du festival Sur les frontières, encore en cours au théâtre de Chaillot, pour approfondir ma connaissance d’Abou Lagraa, dont je n’avais rien vu jusqu’à cette année. Avec deux pièces à mon actif, on ne peut pas dire que l’échantillon soit représentatif, mais je l’estime quand même suffisant pour me donner envie d’explorer encore davantage l’œuvre du chorégraphe algérien, qui me paraît fort prometteuse (en futurs bons moments pour moi). Pour El Djoudour (Racines), l’ambiance n’est plus à l’intime, avec 14 danseurs sur scène, mais le thème du couple, de l’opposition homme / femme, était encore central, et la mise en scène minimaliste mais efficace, des portants mobiles signifiant une frontière tantôt repoussée, tantôt traversée. J’ai particulièrement aimé, à la fin, tout le jeu avec la terre, projetée par les danseurs, dont l’effet visuel était très beau. Si vous passez par Chalon-sur-Saône, en mai, ou par Lyon, en juillet, je vous conseille de vous laisser prendre dans ces racines.

Surnatural Orchestra

  Surnatural Orchestra – « La toile »

Dans un tout autre registre, mais toujours dans l’optique d’approfondir ma connaissance d’un metteur en scène, j’ai profité du dézonage de mon pass Navigo pour me rendre à Saint-Quentin-en-Yvelines, le week-end dernier, voir une troisième pièce de la compagnie Les Colporteurs, laquelle était accompagnée, cette fois-ci, du Surnatural Orchestra, dont les spectacles sont toujours incroyables. J’ai été quelque peu surprise par le résultat : il s’agissait finalement plutôt d’un concert illustré par du cirque, alors que je m’attendais à voir du cirque accompagné par de la musique live (et qui plus est, je m’attendais à davantage de funambulisme, puisque la troupe s’est montée au départ autour d’Antoine et Agathe Rigot, tous deux funambules). Vu le nombre de personnes qui sont sorties en cours, je ne suis visiblement pas la seule à avoir été déroutée. Il faut dire aussi que la musique est originale, jouée par 19 musiciens passant d’un instrument (« classique ») à un autre (bricolé) et improvisant en chœur. Je ne suis pas mécontente du déplacement, mais au final, je continue quand même de préférer les deux précédents spectacles : Le fil sur la neige, époustouflant, et Sur la route, très émouvant (les premiers pas d’A. Rigot sur un fil, après son accident).

Read Full Post »

kafigbresil

Käfig Bresil

Et voilà, février est déjà avancé et je ne vous ai toujours pas parlé du désormais traditionnel festival de janvier : Suresnes cité danse. Comme d’habitude, j’ai profité de l’offre trois spectacles et ai découvert ou revu des compagnies et des chorégraphes sélectionnés par le théâtre Jean Vilar.

Au rayon « revoyure », j’ai eu le plaisir de constater que le chorégraphe Mourad Merzouki et la compagnie Käfig Brasil font toujours aussi bon ménage, même si, en réalité, M. Merzouki n’était « que » le coordinateur, pour cette pièce qui faisait appel à quatre autres chorégraphes. Leur dynamisme et leur enthousiasme sont vraiment communicatifs et j’ai adoré la mise en scène, avec des éléments du décor intégrés à la chorégraphie et un passage de human beatbox particulièrement réussi. Si vous voulez les voir, ils seront à Pantin, en mars, puis à Villejuif et à Sceaux, en avril (ah, j’aime ça, dérouler une tournée qui ne passe pas par Paris ! oui, je suis sadique à mes heures de banlieusarde perdues…)

Au rayon « découverte », deux chorégraphies aux accents de voyage, complètement différentes. La première, Tam taï, de Karine Saporta, était une coopération avec une troupe de percussionnistes traditionnels taïwanais. J’ai beaucoup aimé la musique et certains passages dansés aux allures d’art martial, mais le texte aux accents de slam, récité par dessus, m’a un peu gâché le plaisir. Comme les voix off dans certains documentaires, il n’apportait rien et alignait les poncifs, sans compter que les danseurs le récitaient en play-back et que c’était raté (je ne le leur reproche pas : ce n’est pas leur boulot… mais je n’ai pas compris l’intérêt de ce détail).

De son côté, Univers… l’Afrique, d’Abou Lagraa, m’a énormément plu. Ses deux parties, toutes deux des quatuors, sont très différentes par leur chorégraphie (deux couples dans le premier ; quatre hommes dans le deuxième), mais se rejoignent par leur musique (de très belles chansons de Nina Simone que je ne connaissais pas, notamment Love me or leave me…) et leur grâce… parfois inattendue. Parmi les quatre danseurs de la deuxième partie, en effet, je me serais attendu à revoir deux d’entre eux le lendemain, sur la pelouse du Stadio Olimpico, en short, maillot et crampons, les oreilles en chou-fleur et le nez aplati. Mais non, ils étaient bien là, sur la scène de Suresnes, à faire des entrechats et des pirouettes (hum… je me rends compte qu’un petit cours de vocabulaire de la danse ne me ferait pas de mal !) et, passé le premier moment de scepticisme (et de préjugés), il faut reconnaître que c’était très beau.

Vivement l’année prochaine ! Qui m’accompagnera ?

univers-lafrique-hd-300x199

Univers… l’Afrique (1re partie)

Read Full Post »

… qu’elle danse, qu’elle danse ! Eh bien tant pis pour Confituredine, moi j’ai quelques idées à vous donner pour aller danser ! Ou plutôt, pour aller regarder les autres danser…

Pour commencer, la pièce Rayahzone, des frères Thabet, dont je vous avais parlé en mars, sera visible à nouveau à Suresnes, en octobre. L’occasion de découvrir et leur oeuvre et ce théâtre de banlieue issu de la décentralisation (pas de panique les Parigots : si l’idée de prendre le train de banlieue ou le tram vous effraie, profitez donc de la navette bus depuis Etoile !). Peut-être bien que ça vous donnera même envie d’y retourner !

Pour poursuivre votre exploration de la banlieue (et achever de vous convaincre qu’il n’y a pas qu’à Paris qu’on se cultive), allez donc à l’Avant-Seine, à Colombes, où se joue Vertical roads, d’Akram Khan, en novembre. Je ne sais pas vous, mais moi j’y serai ! (c’était mon coup de cœur de l’année 2011 et je suis comme les gosses, j’adore revoir les histoires que j’ai adorées…)

Je vous avais bien dit que vous reviendriez à Suresnes ! Dans le cadre du festival Suresnes Cité Danse, que vous devriez connaître désormais (est-il bien nécessaire que je mette les liens vers les nombreux articles que ce festival a suscités ?), vous pourrez aller voir, en janvier, Rage, d’Anthony Egea. Je ne vous en ai pas parlé en tant que telle, mais elle faisait partie des 6 pièces vues lors du festival Hautes tensions, à la Villette. Je vous la conseille également, mais je préfère vous prévenir : le début est un peu longuet.

La danse n’est pas votre tasse de thé ? Ne vous inquiétez pas. Confituredine et moi vous avons concocté un programme théâtre – musique – lecture encore plus infusé ! Et si vous insistez, on pourrait même vous proposer un programme « expos ». Elle est pas belle, la rentrée ?

Read Full Post »

Oui, parlons-en ! C’était mon dernier spectacle de la saison au Tarmac hier soir. Et le problème est donc que je vais devoir attendre le mois de novembre pour retourner dans ce théâtre qui est sûrement, les spectacles vus cette année l’ont confirmé, mon préféré.

Et celui d’hier soir ne déroge pas à la règle. Kohkuma 7° sud est l’une des dernières créations du Burkinabè Serge-Aimé Coulibaly. Le livret du spectacle nous apprend que Kohkuma signifie « parler des problèmes » en dioula, langue maternelle du chorégraphe, et fait aussi référence à Kakuma qui signifie « nulle part » en swahili, mais est également le nom d’une ville kenyane accueillant le plus grand camp de réfugiés au monde. Le décor est planté.

Sur la scène, en effet, une tente évoque un camp, quelque part en Afrique, dans un lieu réel ou imaginaire.  À 7° sud ? Mais d’où ? Peu importe. Six personnages racontent leur lutte intérieure. Si au début de la pièce, ils sont secoués de spasmes, presque en transe et comme habités par une force qu’ils combattent, ils parviendront finalement à l’apaisement. Une renaissance ? De l’espoir, en tous cas, nous suggère, c’est certain, S.-A. Coulibaly.

J’ai tout aimé dans ce spectacle : le blues des voix et de la guitare des deux musiciens, faisant écho au blues de la jeunesse africaine ; les animations graphiques, images et texte, projetées sur la toile de tente ; l’horizontalité de la chorégraphie contre la verticalité du décor. Tout. Que c’était beau !

Vous avez encore une petite chance de voir ce spectacle ce soir, à 20h, et demain, à 16h. Je ne peux que vous enjoindre à assister à l’une de ces représentations. Ou de guetter une tournée.

Confituredine

Damned ! J’aurais dû lire le livret moi aussi ! Toutes ces subtilités m’ont échappé… et je dirais même que, contrairement à Confituredine, je n’ai pas trouvé les danseurs apaisés à la fin du spectacle (même si je partage le reste de son jugement). Au contraire, j’ai trouvé certains passages (de la fin) assez violents dans ce à quoi ils renvoyaient, que ce soit par les mouvements de danse ou par les vidéos (il faut d’ailleurs que je retrouve l’origine du poème projeté… dont je me suis bien évidemment empressé d’oublier les vers !).

J’ai davantage été marquée par la musique, encore une fois en live, notamment par la voix de la chanteuse qui m’a beaucoup fait penser à Rokia Traoré (peut-être aussi par son aspect physique ?), et par la vivacité de la danseuse (d’origine asiatique, ce qui créait un léger décalage avec ses compagnons africains).

En tout cas, je valide l’avis de Confituredine : courrez-y ! Et si nous entendons parler d’une tournée, on vous tiendra au courant.

Alice

Read Full Post »

Au risque de paraître radoter, il faut bien que je me résolve à vous parler encore de la programmation du parc de la Villette. Et plus précisément, de sa Grande halle. J’aurais pu évoquer la Colline, mais je me dois de laisser le temps à Confituredine d’y apprécier Brecht (ou pas) avant d’en parler (si ça, c’est pas du teasing !?).

A la Grande halle de la Villette, donc, il se danse, jusqu’au 19 mai, une pièce de Sidi Larbi Cherkaoui. L’an dernier, le chorégraphe belge abordait le monde du flamenco. Cette année, il est parti plus à l’Est et en a ramené l’histoire de Tezuka, dessinateur de mangas adulé au pays du Soleil levant. N’étant pas particulièrement fan de manga (parce que peu au fait de la chose ?), je n’attendais rien de particulier de ce spectacle, si ce n’est que j’aime bien ce que fait S. Larbi Cherkaoui habituellement.

Non seulement je n’ai pas été déçue, mais j’ai été très agréablement surprise. Il ne s’agit en fait pas que de danse ! La musique, jouée en direct par trois musiciens (dont deux Japonais), pourrait à elle seule constituer le spectacle. De même que les textes récités par les danseurs, qui brossent le portrait d’un artiste engagé et l’histoire d’un pays et d’une culture. Ou encore les projections vidéos, qui reprennent les dessins de Tezuka en les animant. Ou enfin les calligraphies dessinées progressivement sur le décor ou sur les corps des danseurs…

Le spectacle est assez long (deux heures + entracte), mais la soirée est passée très vite. Que vous aimiez le manga, la danse, les deux ou rien du tout, allez-y ! (mais je vous préviens quand même : on est très mal assis…)

Read Full Post »

C’est normalement la meilleure façon de marcher, m’a-t-on toujours dit ! Et pourtant, ce n’est pas forcément la seule, comme le prouvait le spectacle joué au théâtre Jean Vilar, à Suresnes, cet après-midi.

« Rayahzone » est un spectacle de danse et musique créé et interprété par deux frères tunisiens, Ali et Hedi Thabet, entourés de joueurs soufis. L’un d’eux, Hedi, est unijambiste et danse donc avec deux béquilles, ce qui ne l’empêche pas de porter son frère ! Les deux s’entremêlent et jouent de cette particularité pour former des créatures humaines aux membres multiples, où l’on ne sait plus le bras duquel attrape la jambe duquel…

Les articles que j’avais lus ici et là m’avaient laissé espérer une démonstration acrobatique et je fus donc trompée… mais pas vraiment déçue. En réalité, la musique et la mise en scène (lumières chaleureuses, inscriptions aux murs…) étaient fort poétiques et, n’était la troupe de jeunes au rire sarcastique et aux pouffades répétées assise au fond de la salle, j’aurais vraiment passé un bon moment (oui, je sais, je vire « vieille conne », c’est désormais acquis !). La pièce part ensuite en tournée, mais a priori pas spécialement en région parisienne (j’ai trouvé des dates à Istres, Chalons-en-Champagne… si vos pas vous y amènent…).

En plein milieu du spectacle, j’ai été frappée d’une révélation (rien que ça !) : en octobre, j’avais manqué, avec regret, un spectacle du théâtre du Rond-Point intitulé « Ali » et interprété par un danseur unijambiste… Il s’agissait d’Hedi Thabet (qui aurait donc donné le nom de son frère à son spectacle) ! Me voilà retombée sur mes pieds (ce qui me permettra, je l’espère, d’avancer de nouveau sur ce blog, ragaillardie par mes vacances et avec les béquilles de Confiturdine !).

Read Full Post »

Depuis le début de cette saison 2010-2011, j’ai vu un certain nombre de spectacles de danse, tous réussis, mais aucun ne m’avait encore vraiment marquée au point que je puisse en faire mon « coup de cœur » de l’année. C’est désormais chose faite, avec le dernier spectacle d’Akram Khan, Vertical roads, au théâtre de la Ville jusqu’au 13 mars (mais hélas, je crois que tout est complet).

J’avais loupé son duo avec Juliette Binoche, il y a deux ans, et n’avais eu qu’un aperçu de son style grâce au solo de Gregoy Maqoma, qu’il avait contribué à chorégraphier, mais tout ce que j’en lisais me donnait envie de voir enfin un spectacle entier de lui. Que dire ? La musique électro-traditionnelle de son compositeur favori, Nitin Shawney, prend aux tripes, avec ses battements cardiaques et des envolées de cordes (violon ? difficile à dire…). Les mouvements des danseurs reflètent parfaitement le rythme de la musique (de quoi me consoler de toutes ces frustrations de danse sans musique précédentes), les costumes sont aériens et l’ensemble est… beau. Tout simplement.

Read Full Post »

Older Posts »