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Un titre en forme de provocation ? Un peu. Car je suis déçue (et agacée) de n’avoir pu accéder à la fameuse Tour Paris 13, annoncée comme l’évènement street art parisien de la rentrée. Malgré les mises en garde de quelques amis, des médias et même de ma maman, j’ai tenté ma chance. Résultat : arrivée une heure et quart avant l’ouverture, déjà près de 400 personnes dans la queue, les visiteurs sont autorisés à rentrer par groupe de 45 personnes et peuvent rester une heure maximum dans le bâtiment. Je vous laisse faire le compte du temps estimé à patienter pour entrer. Mon acolyte et moi avons plutôt opté pour un café, au soleil, en terrasse.

J’hésite à vous faire un couplet bien senti sur ce que je pense de ces événements culturels alléchants, markétés à grand renfort de buzz, mais dont l’organisation est (volontairement ?) orchestrée pour que seuls les plus tenaces (ou les VIP) puissent y avoir accès, pouvant ensuite se vanter, eux, d’avoir réussi à franchir les barrières et ainsi continuer à alimenter le buzz. Le véritable snobisme ne serait-il pas justement de feindre l’indifférence quant à ces « opérations » ? Ça m’arrangerait bien en tous cas. 😉 Surtout qu’on peut quand même visiter tout l’immeuble, tranquillou bilou, depuis son canapé. Oui, je sais, ce n’est pas pareil mais on se console comme on peut.

Ce que j'ai vu de la Tour Paris 13

Ce que j’ai vu de la Tour Paris 13

Vous allez me dire : « D’accord mais, alors, c’est quoi le véritable événement street art de la rentrée? ». Opus délits, ça vous dit quelque chose ? Mais si, de petits livres monographiques sur des artistes urbains qu’on trouve dans toutes les bonnes librairies. Et bien, cette fin de cette semaine, la collection fait son show à l’Espace Cardin. Au programme : une exposition avec des œuvres des artistes présents dans la collection, des séances de dédicaces, des performances, des conférences et des débats et, même, la première édition du Street art film festival.

Collection Opus Délits

Je vous préviens au dernier moment (habitude bien ancrée dans mes pratiques bloguesques) car le show se termine dimanche mais je suis sûre que vous trouverez un moment pour y passer ce week-end. Je suis allée voir l’expo hier, elle présente des œuvres très représentatives des artistes concernés mais, en même temps, pour nombre d’entre elles, que je n’avais jamais vues. Je n’ai pas eu l’occasion d’assister à une des conférences mais les sujets et les intervenants sont prometteurs, allez jeter un œil. Pour les amateurs d’autographes ou tout simplement de rencontres, sachez que les artistes présents étaient très disponibles, j’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec Jérôme Mesnager et Miss-Tic. Gniiiii (onomatopée de groupie) ! Si j’ai le temps, j’y retournerai bien pour profiter de la projection de quelques-uns des 48 courts-métrages en compétition.

Mosko (spéciale dédicace à Béné)

Mosko et associés (spéciale dédicace à Béné)

En parlant de street-art, deux autres bons plans testés et approuvés : petite mais très chouette expo de mon bien-aimé Fred le Chevalier de Ménilmontant (jusqu’à demain soir) et grande et belle expo de Jadikan le light-painter à la MAC (jusqu’au 14 décembre).

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Dans la série « On teste pour vous », je voudrais une exposition inattendue, farfelue et inconnue. Bonne pioche !

museum-everything

Confituredine m’avait laissé le choix, ce soir-là, entre des expositions dont j’avais entendu parler et d’autres non. J’en ai bien évidemment choisi une de la deuxième catégorie (il faut savoir vivre dangereusement !). Du coup, je ne m’attendais à rien, ce qui tombait à pic : j’aurais sans doute été déçue, sinon, parce que je n’aurais jamais pu m’attendre à ça. Ça quoi, d’ailleurs ? Eh bien je ne saurais même pas vous dire !

Le laïus sur le site et à l’entrée du « musée » (une ancienne école désaffectée) évoque une œuvre de pédagogie, voire de salubrité publique : faire découvrir des artistes inconnus, qui ne sont même pas répertoriés en tant qu’artistes. L’intention est louable. Mais alors pourquoi rester si confidentiel ? J’ai la prétention de faire partie des gens relativement bien informés sur la vie culturelle francilienne, et pourtant je n’avais jamais entendu parler de cette exposition ! Apparemment, seuls des happy few y ont eu accès (l’avantage, c’est qu’on n’est pas bousculé dans les salles).

Et quand je dis « happy few », c’est à dessein que j’emploie la langue de Shakespeare. En effet, si, au début, on peut noter (encore) une louable intention, à savoir traduire les cartels rédigés en anglais, il faut croire que les organisateurs se sont vite lassés de copier-coller les textes dans Babelfish et ont décidé de laisser le visiteur se débrouiller. Ça ne me gêne pas dans l’absolu : l’exposition est censée tourner dans le monde, je conçois que cela soit compliqué et long pour une petite équipe avec peu de moyens de tout traduire dans toutes les langues. Mais quitte à commencer, autant aller jusqu’au bout, non ? Et a minima, autant le faire bien.

Well, well, je sens que je vais (encore) passer pour une vieille  aigrie. Tant pis. Ne vous fiez pas à cet accès d’humeur pour autant : en réalité, j’ai trouvé le concept très intéressant, la scénographie et le lieu originaux (cf. photos de Confituredine : dommage qu’il ait été interdit de photographier l’intérieur, même si certains ne s’en sont pas privé…) et certaines œuvres remarquables. Mais il y en avait tellement que j’ai bien entendu oublié le nom de leur créateur : comme quoi, le but initial n’est pas atteint ! En tout cas, pas auprès de moi…

Alice

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Cette visite m’a, quant à moi, laissée circonspecte : se moque-t-on de nous, rien qu’un peu, même gentiment ? Sûrement un chouia, comme peuvent le laisser penser les affichettes homemade promettant une amende de 1000 € si vous bravez l’interdiction de brandir votre appareil photo, qui ressemblent presque à une blague. Ou comme peut le laisser croire le texte d’accueil de la Chalet society

Ah oui ! Intriguée, j’ai fouiné. Donc : la Chalet society est une structure, mobile, qui souhaite proposer une nouvelle manière d’aborder l’art, loin des pratiques institutionnelles habituelles. Le premier lieu à l’accueillir est ce bâtiment scolaire désaffecté du boulevard Raspail, en plein 7e arrondissement donc, prêté, par le groupe Emerige dont le président Laurent Dumas est visiblement un collectionneur émérite, à Marc-Olivier Wahler, ancien directeur du Palais du Tokyo. Si loin des institutions artistiques et du microcosme de l’art contemporain, en effet ! Si j’ajoute que certaines œuvres présentées dans l’exposition sont accompagnées de textes rédigés par de grandes figures de l’art contemporain (Boltanski, Messager, etc.), ne commencez-vous pas à trouver un peu d’ironie là-dedans ? 

Je dois préciser que The Museum of everything est l’exposition inaugurale de la Chalet society. On retombe sur nos pattes. Son fonds a été constitué par l’Anglais James Brett dans le but de monter et montrer une importante collection d’art brut. Dans sa version parisienne, elle contient plus de 500 œuvres, très diverses dans leurs thèmes, leurs formes, leurs supports. Comprenez le trop-plein d’Alice. En effet, ce fut trop pour bien voir et surtout retenir. Pourtant, quelques pépites surprenantes se trouvent dans le labyrinthe de cet ancien collège. Dommage, elles risquent d’être vite oubliées, noyées dans la masse. Ce foisonnement, en plus du lieu, insolite, donne toutefois une atmosphère très particulière à cette expo. Si vous aimez les doux-dingues et les ambiances arty berlinoises, foncez. 

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Pour rebondir sur le ressenti d’Alice, mon petit doigt me dit que le plan de communication est probablement millimétré. La recette : faites parler de vous sans trop quand même. Organisez une soirée d’inauguration réservée à des VIP. Comptez sur un article du Monde au moment du lancement, puis plus rien. Laissez faire le bouche-à-oreilles. Restez lacunaire et imprécis sur votre site Internet pour cultiver le mystère. N’autorisez l’entrée que sur inscription. Laissez croire aux visiteurs qu’ils participent au rayonnement d’artistes injustement méconnus avec un don à l’entrée. Avec tout ça, s’ils n’ont pas l’impression d’être des privilégiés, d’avoir dégoté le bon plan expo de la saison à se refiler sous le manteau (ou sur son blog), bref d’être au sommet de la hype, il ne vous reste plus qu’à espérer qu’ils diront tout de même du mal de votre projet. La publicité, même critique, reste de la publicité. 

Je pense que Marc-Olivier Wahler ne se prend pas trop au sérieux. Et nous suggère d’en faire de même. Ou suis-je totalement parano ? Pour moi, en tous cas, le but est atteint : mes petites méninges ont bien fait leur boulot de « réflexion sur l’institution artistique contemporaine ».

Confituredine

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… que je vous fais le coup de l’expo à voir absolument mais qui se termine dans 3 jours.

Cette expo, c’est l’installation de Sophie Calle à la galerie Perrotin. Une des plus célèbres artistes françaises contemporaines pour une des plus fameuses galeries françaises dans le monde de l’art contemporain. Beau programme.

L’exposition, intitulée « Pour la dernière et pour la première fois », réunit un ensemble de films récents, Voir la mer (2011), et une série de photographies, La dernière image, réalisée en 2010 à Istanbul.

Dans la première série, avec une mise en scène identique à chaque fois, S. Calle filme, dos à la caméra, des Stambouliotes qui voient la mer pour la première fois. Au bout de quelques minutes, ils se retournent face caméra afin que celle-ci puisse saisir l’émotion qui les étreint. La présentation dépouillée de l’œuvre et la mise en abyme (vous regardez la mer et ces gens, qui regardent eux-mêmes la mer, pour mieux vous regarder ensuite) servent l’émotion pure qui m’a renversée, moi aussi.

La seconde série montre des triptyques composés, ici aussi, de manière systématique  : portait(s) et photo accompagnée d’un texte décrivant ce que cette dernière montre. En effet, à propos de La dernière image, l’artiste nous explique : « Je suis allée à Istanbul. J’ai rencontré des aveugles qui avaient, pour la plupart subitement, perdu la vue. Je leur ai demandé de me décrire ce qu’ils avaient vu pour  la dernière fois ».

De nombreux échos se font jour entre ces deux ensembles, forts et touchants tous deux. Mais si le premier transpire le calme et la sérénité, le second lui, provoque une angoisse certaine. Il s’agit, dans les deux cas, de montrer l’invisible. Oxymore mais acte de foi pour l’artiste ?

Tant que vous êtes à la galerie Perrotin, ne ratez pas les splendides céramiques de Klara Kristalova. Pour cela, il faudra monter d’un étage. Si vous craignez les ascenseurs, pas d’inquiétude, vous ne pourrez emprunter celui de la galerie (indice ici).

Dire que j’ai failli vous pondre (oui, je suis une poule) un article sur une autre expo coup de cœur, vue samedi dernier et qui s’est terminée dimanche. Je n’ai quand même pas osé vous faire cet affront. Dites, vous ne m’en voulez pas ?

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Nous y sommes allées jeudi dernier et je ne cesse d’y penser depuis. Cette installation résonne tellement en moi que je ne sais pas comment vous en parler. J’ai l’impression qu’elle a ouvert des tas de petits tiroirs dans ma tête qui ne demandaient qu’à être explorés et j’ai, du coup, mille choses à vous dire.

Ludovic Cantais est photographe et réalisateur. Son « installation photographique nomade », baptisée « la Bibliothèque fantôme », propose une réflexion autour de la révolution numérique et de la virtualisation du monde. L’histoire a commencé quand, ne sachant plus quoi faire de ses trop nombreux livres et se décidant à opérer un tri, l’artiste se rendit compte qu’il ne pouvait se résoudre à jeter l’objet de sa sélection. Pire, il commença à récupérer les livres des autres et même à ramasser les livres abandonnés. Mais que faire de tous ces textes s’il est impossible de les jeter au rebut ? C’est à partir de cette question que naquit l’idée de la Bibliothèque fantôme.

Pour en constituer le fonds, l’artiste a, dans un premier temps, récupéré des livres abandonnés dans la rue qu’il a ensuite répertoriés, grâce à un système de fiches comme il en existe encore dans certaines bibliothèques : titre, nom de l’auteur, date et lieu de récupération, marque-pages trouvés à l’intérieur. Dans un second temps, il a photographié les couvertures de chacune de ses trouvailles, puis a estampillé chaque livre de son tampon « Bibliothèque fantôme » et l’a remis en circulation, généralement via des dons à des associations caritatives.

Le fonds de la Bibliothèque fantôme compte actuellement 655 titres. La galerie Binôme présente sur ses murs une centaine des photos des couvertures, dont certaines remplacées par une fameuse fiche fantôme, signe que l’œuvre photographique a été empruntée. Car oui, chaque visiteur de l’exposition peut emprunter, gratuitement et pour une durée déterminée, une photo, comme dans une bibliothèque publique.

Séduites par l’idée, Alice et moi étions notamment curieuses de savoir si les visiteurs de l’exposition oseraient emprunter une photo. Nous avons été ravies de voir que c’était le cas. Ravies car il n’est pas rare que des œuvres qui se veulent interactives impressionnent au point que cela ne prenne pas et tombe à plat. Ici, ça fonctionne et rend l’installation un peu magique : elle est partagée, au sens propre comme au figuré, avec le public, et le public la partage.

L’accrochage de l’œuvre, accompagné des très intéressants et émouvants marque-pages trouvés dans les livres, fait penser à un cabinet de curiosité. Ce qui, pour moi, met en valeur la dimension sociologique de l’installation. Comment pourrait-on ne pas imaginer procéder à une étude analytique des livres abandonnés, en les classant d’abord par catégorie, tant leur hétérogénéité est étonnante, puis en essayant d’en tirer des informations sur leurs anciens propriétaires, pour établir une sorte de typologie, voire de topographie ?

Je me suis aussi posée beaucoup de questions sur mon rapport aux livres,  sur ma difficulté, partagée avec L. Cantais, à m’en séparer par exemple. Il y en a déjà trop dans mon petit appartement, pourtant, ne pouvant me résoudre à les libérer pour faire de la place, désormais j’emprunte les nouveaux à la bibliothèque de mon quartier. La boucle est bouclée.

Mais pourquoi avons-nous un rapport si affectif avec notre bibliothèque, alors même que nous ne sommes pas forcément très attachés aux autres objets ? Il me semble que nos livres sont une part de notre identité, une image de ce que nous sommes, ou parfois de ce qu’on voudrait que les autres pensent que nous sommes. En tous cas, abandonner ses livres, c’est abandonner une petite partie de soi-même, non ? Et en même temps, qu’en est-il de la transmission ?

Au-delà de cela, le projet de l’artiste s’inscrit complètement dans l’air du temps autour des questions du recyclage, de la récup’, du gâchis, du développement durable. J’ai pensé au superbe travail d’Agnès Varda sur les glaneurs. Mais l’œuvre de L. Cantais interroge aussi sur la question de la dématérialisation du monde, et sur le retour de plus en plus perceptible, à mon avis, au tangible, qui invente de nouvelles formes. Sujet qui m’intéresse beaucoup et qui fut même au centre de mon mémoire de DESS, il y a quelques années maintenant.

L. Cantais avait déjà travaillé sur les objets trouvés à l’occasion d’un précédent projet photographique, intitulé « La Part des choses », dans lequel on retrouve le même aspect à la fois documentaire et poétique. Ludovic, si vous me lisez, sachez que moi aussi, j’adore ramasser des objets dans la rue, pour leur donner une deuxième vie, j’ai parfois même l’impression, presque, de les sauver en décidant de les adopter. Des tas de petits tiroirs,  je vous dis !

Si vous voulez en savoir plus sur la genèse de l’œuvre, n’hésitez pas à interroger la galeriste dont la gentillesse n’a d’égale que la passion avec laquelle elle nous a parlé longuement de ce projet.

Jusqu’au 20 octobre, le livre d’ort dans sa galerie hantée…

Confituredine

… sauf un, qui trône chez moi. Le choix de la photo à emprunter fut difficile : que choisir, en effet, entre Alice au pays des ombres chinoises, que j’ai sans doute lu quand j’étais petite (puisque j’avais quasiment toute la collection des Alice), Les mots des femmes de Mona Ozouf ou Le petit Larousse illustré, édition 2000, que je côtoie déjà tous les jours dans mon travail (oui, bon, on a les outils qu’on peut !) ? Finalement, rien de tel que de se faire accompagner pour une deuxième visite et opérer un tri… somme toute pas très original.

© Valérie Cazin, galerie Binôme

Le choix de l’emplacement pour l’accrocher chez moi fut encore pire : au-dessus de la cheminée, pour un constant rappel de ma première (mais j’espère pas dernière) participation à une exposition ? à la place de la photo héritée de mon grand-père, lui-même grand bibliophile devant l’éternel ? Finalement, je l’ai mise au milieu de mes (trop vieilles) photos de vacances toutes de guingois, en une sorte de pied-de-nez à l’accrochage rigoureusement rectiligne de la galerie. Mais peut-être voyagera-t-elle, d’ici au 20 octobre, date à laquelle je dois l’avoir ramenée à la galerie. Ou peut-être même sera-t-elle remplacée par une de ses consœurs ? Qui sait…

Confituredine parle de petits tiroirs ouverts par cette installation (eh oui ! finalement, je vais peut-être finir par aimer les installations !?). Pour moi, il ne s’agit même plus de petits tiroirs, mais de bibliothèques entières ! D’étagères ployant sous le poids des livres de mon grand-père, qui me faisaient peur quand j’étais petite et que je devais traverser le couloir sombre dont les murs étaient couverts d’ouvrages de médecine ou d’aventures aériennes. De cartons craquant sous le poids des mêmes livres, expédiés vers une destination où, pour l’instant, ils n’ont même pas encore pu être mis en valeur. De sacs poubelles ramenés à la déchetterie parce que remplis de papier trop serré pour être brûlé (je ne sais pas ce qui aurait été le pire : cette fin peu glorieuse au milieu des cartons d’emballage et des publicités en papier glacé, ou un autodafé de revues scientifiques périmées et de romans historiques)… Que n’ai-je connu L. Cantais plus tôt ! Peut-être aurait-il su faire de l’art de tout cela !?

Bibliothèque fantôme - chez moi

En tout cas, comme vous pouvez le lire, cette galerie et son installation ne nous ont pas laissées de marbre, Confituredine et moi. Et Valérie Cazin qui nous a accueillies, un soir avant la fermeture puis un samedi en plein milieu de son déjeuner (interrompu exprès pour ses deux visiteurs inopportuns), et a très gentiment accepté de pallier mon oubli d’appareil photo n’y est pas pour rien. Nous avions toutes deux l’habitude des galeristes indifférents (au mieux) voire méprisants envers les simples visiteuses non (encore ?) acheteuses que nous sommes et avons été très agréablement surprises de l’accueil, chaleureux et enthousiaste.

La galerie participe au mois de la Photo, qui a lieu d’octobre à décembre, comme tous les ans. Je ne manquerai pas d’y retourner à cette occasion.

Alice

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Si vous êtes du genre fidèle, vous savez déjà que j’ai une tendresse particulière pour les toutes petites galeries cachées dans des lieux insolites : immeubles d’habitations, anciens bureaux, etc. Cependant, je n’étais encore jamais allée en chercher dans des entrepôts des Douanes ! C’est désormais chose faite, grâce à la ténacité (et au fil d’information bien épais) de Confituredine. Nous y étions déjà allées en juillet, mais n’avions pas pris le temps d’en faire un billet. Aussi, il nous fallait retourner, en septembre, à la galerie Chantal Crousel, plus spécifiquement dans son site de la rue Léon Jouhaux, dans les anciens entrepôts des Douanes, donc.

L’exposition actuelle m’a davantage plu que celle du mois de juillet, même si les deux se rejoignaient par leur aspect minimaliste (trois petites photos encadrées sur un grand mur blanc…) et hétéroclite (des cadres de porte saillant du mur par ci, des radiateurs illuminés par là…).

Il paraîtrait que c’est parce que je ne suis encore jamais allée voir Exit à la Mac, mais je suis encore assez perplexe devant le concept d’« installation ». Disons que j’ai souvent l’impression que l’artiste s’est contenté de reproduire ce que je fais déjà très régulièrement chez moi, par simple procrastination ménagère… (ça y est, je sens que je viens de perdre tous les nouveaux lecteurs amenés par Confituredine).

Toujours est-il que, de toute façon, l’exposition en elle-même n’était pas le but de notre périple saint-martinois (si vous y allez, on préfère vous prévenir : ne comptez pas y passer plus de 10 minutes). Le lieu en lui-même vaut le détour : après avoir été incité à éteindre votre moteur, vous gravirez quelque escalier bétonné pour atteindre le 3e étage où la galerie se trouve, coincée entre un représentant en tapis turcs et un négociant en meubles. Même si vous connaissiez l’existence de l’immeuble (ce qui n’était pas mon cas, alors que pourtant, je passais régulièrement dans le quartier), il y a peu de chance que vous ayiez deviné qu’il abritait un tel trésor !

Alice

Trésor ? Non mais madame, j’vous jure, je n’ai rien à déclarer à la Douane ! Rien de plus qu’Alice en tous cas qui vous a déjà tout dit sur ce joli lieu à découvrir. Les expositions qui y sont présentées changeant souvent, vous pourrez y retourner, comme nous, jusqu’à ce que l’une d’elles vous enthousiasme complètement.

Car c’est certain, nous y reviendrons nous aussi : mon petit doigt m’a dit qu’un autre lieu d’art se cacherait dans ces murs. C’est promis, nous partirons à sa recherche lors de notre prochaine visite.

Confituredine

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J’attendais beaucoup de cette expo qui n’en est pas une ; Joue le jeu est plutôt présenté comme un parcours sensoriel et interactif. L’idée de proposer une introduction au jeu, et au mouvement culturel qui l’entoure, par le biais d’installations dynamiques, était séduisante.

Elles ne courent pas les rues les expos où l’on peut toucher, manipuler, faire joujou avec les œuvres. Un programme réjouissant pour ceux qui, comme moi, n’ont pas perdu leur âme d’enfant, ou ont envie de la retrouver pour quelques heures.

Mais j’ai été un peu déçue, sentiment partagé par mes accompagnateurs du jour. Nous y avons pourtant mis du nôtre, prenant notre temps, lisant les cartels, cherchant des explications, des éclairages. Si certaines activités nous ont réjouis, l’ensemble nous a paru très inégal. Le parcours présente un aspect un peu fourre-tout (arcades, installations, jeux vidéos, jeux géants) ou tout du moins, manque de sens, ce qui est embêtant pour un parcours, vous en conviendrez.

Le seul fil rouge, un jeu conçu spécialement autour du magnifique bâtiment de la Gaîté lyrique pour l’occasion, semble être l’unique lien entre toutes ces propositions et paraît, du coup, un peu artificiel. Surtout que nous n’avons pas pu compter sur les médiateurs pour nous aider à nous y retrouver, certains ne semblant pas se soucier une seule seconde des visiteurs parfois un peu perdus. Je ne m’étends pas non plus sur les installations en panne, cela fait partie des risques encourus pour qui s’intéresse aux arts numériques.

C’est dommage car il y a aussi de chouettes œuvres dans ce parcours, qui méritent vraiment d’être découvertes (avant le 12 août). Peut-être aurions-nous dû essayer une des visites accompagnées et participatives pour mieux en profiter ?

Le bilan est donc mitigé. Et surtout, après la trop succincte Muséo Games et l’insuffisante Game Story , un peu décevantes elles aussi, je me demande si une structure parisienne saura bientôt nous proposer une expo réussie et complète sur le jeu (vidéo ou pas). À bon entendeur…

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… la Polka(Galerie). Championne du monde du jeu-de-mot-pourri-plus-tiré-par-les-cheveux-que-ça-tu-peux-pas-test’ ! Néanmoins, mon père ne m’a quand même pas empêchée d’aller faire un petit tour, la semaine dernière, à la PolkaGalerie, admirer l’exposition photo, de deux jeunes artistes français talentueux, intitulée Theaters.

L’histoire raconte qu’Yves Marchand et Romain Meffre ont commencé, chacun de leur côté, à photographier des ruines, d’abord de la banlieue parisienne, jusqu’à se rencontrer en 2002, puis à se décider à former un duo. En 2005, ils partent photographier les vestiges de Détroit. C’est à ce moment qu’ils réalisent leurs premiers clichés de Movie theaters et entrevoient le projet de faire un inventaire de ces lieux intimement liés à l’histoire américaine.

En effet, dans les années 20-30, chaque ville abrite un des ces temples du divertissement, gérés par une des majors de l’époque (Paramount, Fox, Warner…). Ils seront petits à petits abandonnés à partir des années 50, la faute au baby-boom qui repousse les Américains à la périphérie, loin des centres villes où se trouvent ces bâtisses.

Yves Marchand et Romain Meffre / courtesy Polka Galerie

En une vingtaine de photos, l’expo montre un travail en 3 parties : les salles anciennement ouvertes au public, les espaces, eux, autrefois interdits au public (cabines de projections, etc.) et des salles dont la fonction est aujourd’hui devenue différente, et souvent étonnante. La PolkaGalerie présente ce projet, à la fois documentaire et artistique, comme une typologie, évoquant un désir d’exhaustivité et une méthode systématique. Ça ne vous rappelle rien ?

J’ai eu un vrai coup de cœur pour ces photos, emplies d’une certaine nostalgie, d’un temps qui fut et ne sera plus, mais qui est encore un peu là grâce à ces décombres. À cause de cela, ces clichés sont empreints de poésie et ont rappelé, à mon bon (mais lointain) souvenir, une étude réalisée à la fac dont le sujet devait être quelque chose comme « ruines et romantisme au XIXè siècle : Lamartine, Chateaubriand, de Staël ».

Et puis, je crois avoir été fascinée par la démarche quasi archéologique du duo de photographes pour retrouver et nous montrer ces « palais oubliés du cinéma ». Démarche qui nécessite un véritable travail d’orfèvre, technique et physique : repérer les lieux, parvenir à les pénétrer, balayer les salles, quasiment toujours plongées dans l’obscurité, à l’aide de lampes torches, pendant le long temps d’exposition… Ces photographies ont aussi, pour quelques instants, comblé mes désirs secrets de me risquer un jour à pratiquer l’urbex.

Yves Marchand et Romain Meffre / courtesy Polka Galerie

Sur ce, je vous laisse, je vais danser… la polka, évidemment. Si vous voulez me rejoindre, c’est avant le 4 août, 12 rue Saint-Gilles, cour de Venise, dans le 3e.

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