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Un titre en forme de provocation ? Un peu. Car je suis déçue (et agacée) de n’avoir pu accéder à la fameuse Tour Paris 13, annoncée comme l’évènement street art parisien de la rentrée. Malgré les mises en garde de quelques amis, des médias et même de ma maman, j’ai tenté ma chance. Résultat : arrivée une heure et quart avant l’ouverture, déjà près de 400 personnes dans la queue, les visiteurs sont autorisés à rentrer par groupe de 45 personnes et peuvent rester une heure maximum dans le bâtiment. Je vous laisse faire le compte du temps estimé à patienter pour entrer. Mon acolyte et moi avons plutôt opté pour un café, au soleil, en terrasse.

J’hésite à vous faire un couplet bien senti sur ce que je pense de ces événements culturels alléchants, markétés à grand renfort de buzz, mais dont l’organisation est (volontairement ?) orchestrée pour que seuls les plus tenaces (ou les VIP) puissent y avoir accès, pouvant ensuite se vanter, eux, d’avoir réussi à franchir les barrières et ainsi continuer à alimenter le buzz. Le véritable snobisme ne serait-il pas justement de feindre l’indifférence quant à ces « opérations » ? Ça m’arrangerait bien en tous cas. 😉 Surtout qu’on peut quand même visiter tout l’immeuble, tranquillou bilou, depuis son canapé. Oui, je sais, ce n’est pas pareil mais on se console comme on peut.

Ce que j'ai vu de la Tour Paris 13

Ce que j’ai vu de la Tour Paris 13

Vous allez me dire : « D’accord mais, alors, c’est quoi le véritable événement street art de la rentrée? ». Opus délits, ça vous dit quelque chose ? Mais si, de petits livres monographiques sur des artistes urbains qu’on trouve dans toutes les bonnes librairies. Et bien, cette fin de cette semaine, la collection fait son show à l’Espace Cardin. Au programme : une exposition avec des œuvres des artistes présents dans la collection, des séances de dédicaces, des performances, des conférences et des débats et, même, la première édition du Street art film festival.

Collection Opus Délits

Je vous préviens au dernier moment (habitude bien ancrée dans mes pratiques bloguesques) car le show se termine dimanche mais je suis sûre que vous trouverez un moment pour y passer ce week-end. Je suis allée voir l’expo hier, elle présente des œuvres très représentatives des artistes concernés mais, en même temps, pour nombre d’entre elles, que je n’avais jamais vues. Je n’ai pas eu l’occasion d’assister à une des conférences mais les sujets et les intervenants sont prometteurs, allez jeter un œil. Pour les amateurs d’autographes ou tout simplement de rencontres, sachez que les artistes présents étaient très disponibles, j’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec Jérôme Mesnager et Miss-Tic. Gniiiii (onomatopée de groupie) ! Si j’ai le temps, j’y retournerai bien pour profiter de la projection de quelques-uns des 48 courts-métrages en compétition.

Mosko (spéciale dédicace à Béné)

Mosko et associés (spéciale dédicace à Béné)

En parlant de street-art, deux autres bons plans testés et approuvés : petite mais très chouette expo de mon bien-aimé Fred le Chevalier de Ménilmontant (jusqu’à demain soir) et grande et belle expo de Jadikan le light-painter à la MAC (jusqu’au 14 décembre).

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Un thème qui s’impose, vous disais-je… et voilà que le mois de mars le confirme. Cette fois, il n’est plus question de monologues ou de récits intimes mais, au contraire, d’histoires foisonnantes et quasi universelles, qui englobent des siècles d’histoire ou des civilisations millénaires. Le mois n’est pas terminé, me direz-vous. Et d’ailleurs, mon petit doigt me dit que, avec les vacances qui se profilent, j’aurai encore un petit lot d’histoires peuplées de monstres dans des lacs et de châteaux hantés à mémoriser !

milleetunenuits

Pour assurer la transition d’un thème à l’autre, je suis allée redécouvrir des histoires racontées dans l’intimité, mais universellement connus : ceux des Mille et une nuits, à l’Institut du monde arabe. L’exposition est aussi riche que ces contes rassemblés au fil des siècles et dont l’origine est parfois inconnue, même s’il est hélas prouvé, je me dois de vous le dire, qu’Aladdin et Ali Baba ont été inventés par un Français ! (eh oui ma bonne dame, on ne peut plus faire confiance à personne !). Les vieux manuscrits persans ou arabes laissent la place à des enluminures, des poteries, des extraits de films… Ces récits en ont inspiré plus d’un ! Mais qui du conte ou de la réalité a inspiré l’autre, dans nos perceptions actuelles ? C’est un peu la question que cette exposition pose, mais sans donner de réponse claire. Je vous laisse trouver la vôtre, de réponse, d’ici au 28 avril !

porteur-dhistoire-2

Loin des mille et une nuits dans le temps, mais proche dans sa construction et son lieu, la pièce Le porteur d’histoire, que j’avais loupée au Théâtre 13, se joue au Studio des Champs-Elysées jusque fin juin. Ne faites pas la même erreur que moi pour le premier tour : ne la laissez pas passer ! La salle est petite et encombrée, les sièges grincent et font mal au dos, mais le rythme de l’histoire (ou plutôt des histoires) et le jeu des acteurs vous tiendront suffisamment en haleine pour l’oublier. J’ai rarement été aussi captivée par une pièce. Les cinq acteurs jouent des dizaines de personnages, célèbres ou inconnus, la grande Histoire côtoie de petites, la réalité se mêle à la fiction : en sortant, on ne sait plus si on vient d’assister à une leçon d’histoire (et quelle histoire d’ailleurs ? celle de la littérature française ? celle de la politique coloniale française ? celle d’une famille ?) ou « seulement » à une belle histoire pour grands enfants. Et peu importe à vrai dire. L’important, c’est qu’elle reste à l’esprit plusieurs soirs d’affilée… et qu’on attende encore la suite quelques semaines plus tard !

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Dans un autre genre, mais tout aussi poétique, le théâtre des Abbesses (tiens, ça faisait longtemps !) redonnait la pièce présentée l’an dernier dans le cadre de Chantiers d’Europe (et que je n’avais pas vue alors), The animals and children took the streets, d’une compagnie britannique qui mêle animation projetée sur écran et acteurs vivants, le tout dans une ambiance digne d’une comédie musicale d’Edward Burton. La pièce est en anglais surtitré, mais je pense qu’une version muette serait tout aussi compréhensible, tellement le jeu des acteurs est expressif. Décidément, alors que j’avais des goûts plutôt classiques en matière de théâtre, je vais finir par aimer le mélange des genres !

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exposition_affiche_action

Jusqu’à peu, la BDIC (Bibliothèque de documentation internationale contemporaine) n’était pour moi qu’un lieu un peu glauque où j’étais contrainte d’aller faire quelques recherches, lors de mes études nanterroises. J’ignorais complètement qu’elle avait également un site en plein cœur de l’hôtel des Invalides ! Oui, j’ai honte… mais un peu seulement. Etant donné le parcours du combattant qu’il m’a fallu accomplir dans le froid glacial de cette fin janvier, je doute que même les visiteurs assidus du musée des Armées connaissent cet endroit. Je vous conseille pourtant vivement de presser le pas pour aller admirer la collection d’affiches exposée sous le titre « Colère, parole : affiche-action ».

De la Commune de Paris, en 1871, aux « évènements » de mai 1968, cette courte exposition montre le rôle à la fois de propagande et d’information des affiches, mais surtout son évolution. D’abord omniprésentes et touffues, car seules sources d’information d’une population qui n’avait pas forcément accès à la presse, les affiches ont évolué dans leur forme et dans leur fond, au fur et à mesure qu’elles devenaient clandestines (et que les techniques d’impression et de diffusion étaient perfectionnées).

Outre le plaisir de voir de beaux spécimens, telle cette affiche jamais diffusée d’Olympe de Gouges, qui lui a valu la prison puis la décapitation, ce qui m’a le plus frappée au gré des lectures, c’est la liberté de ton de ces affiches, voire la violence de leurs propos. Les étudiants de mai 1968 et leurs « CRS SS » n’avaient finalement rien à envier à leurs prédécesseurs du XIXe siècle… En ces temps de combats nécessaires, cette exposition devrait être déclarée de salut public !

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Dans la série « On teste pour vous », je voudrais une exposition inattendue, farfelue et inconnue. Bonne pioche !

museum-everything

Confituredine m’avait laissé le choix, ce soir-là, entre des expositions dont j’avais entendu parler et d’autres non. J’en ai bien évidemment choisi une de la deuxième catégorie (il faut savoir vivre dangereusement !). Du coup, je ne m’attendais à rien, ce qui tombait à pic : j’aurais sans doute été déçue, sinon, parce que je n’aurais jamais pu m’attendre à ça. Ça quoi, d’ailleurs ? Eh bien je ne saurais même pas vous dire !

Le laïus sur le site et à l’entrée du « musée » (une ancienne école désaffectée) évoque une œuvre de pédagogie, voire de salubrité publique : faire découvrir des artistes inconnus, qui ne sont même pas répertoriés en tant qu’artistes. L’intention est louable. Mais alors pourquoi rester si confidentiel ? J’ai la prétention de faire partie des gens relativement bien informés sur la vie culturelle francilienne, et pourtant je n’avais jamais entendu parler de cette exposition ! Apparemment, seuls des happy few y ont eu accès (l’avantage, c’est qu’on n’est pas bousculé dans les salles).

Et quand je dis « happy few », c’est à dessein que j’emploie la langue de Shakespeare. En effet, si, au début, on peut noter (encore) une louable intention, à savoir traduire les cartels rédigés en anglais, il faut croire que les organisateurs se sont vite lassés de copier-coller les textes dans Babelfish et ont décidé de laisser le visiteur se débrouiller. Ça ne me gêne pas dans l’absolu : l’exposition est censée tourner dans le monde, je conçois que cela soit compliqué et long pour une petite équipe avec peu de moyens de tout traduire dans toutes les langues. Mais quitte à commencer, autant aller jusqu’au bout, non ? Et a minima, autant le faire bien.

Well, well, je sens que je vais (encore) passer pour une vieille  aigrie. Tant pis. Ne vous fiez pas à cet accès d’humeur pour autant : en réalité, j’ai trouvé le concept très intéressant, la scénographie et le lieu originaux (cf. photos de Confituredine : dommage qu’il ait été interdit de photographier l’intérieur, même si certains ne s’en sont pas privé…) et certaines œuvres remarquables. Mais il y en avait tellement que j’ai bien entendu oublié le nom de leur créateur : comme quoi, le but initial n’est pas atteint ! En tout cas, pas auprès de moi…

Alice

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Cette visite m’a, quant à moi, laissée circonspecte : se moque-t-on de nous, rien qu’un peu, même gentiment ? Sûrement un chouia, comme peuvent le laisser penser les affichettes homemade promettant une amende de 1000 € si vous bravez l’interdiction de brandir votre appareil photo, qui ressemblent presque à une blague. Ou comme peut le laisser croire le texte d’accueil de la Chalet society

Ah oui ! Intriguée, j’ai fouiné. Donc : la Chalet society est une structure, mobile, qui souhaite proposer une nouvelle manière d’aborder l’art, loin des pratiques institutionnelles habituelles. Le premier lieu à l’accueillir est ce bâtiment scolaire désaffecté du boulevard Raspail, en plein 7e arrondissement donc, prêté, par le groupe Emerige dont le président Laurent Dumas est visiblement un collectionneur émérite, à Marc-Olivier Wahler, ancien directeur du Palais du Tokyo. Si loin des institutions artistiques et du microcosme de l’art contemporain, en effet ! Si j’ajoute que certaines œuvres présentées dans l’exposition sont accompagnées de textes rédigés par de grandes figures de l’art contemporain (Boltanski, Messager, etc.), ne commencez-vous pas à trouver un peu d’ironie là-dedans ? 

Je dois préciser que The Museum of everything est l’exposition inaugurale de la Chalet society. On retombe sur nos pattes. Son fonds a été constitué par l’Anglais James Brett dans le but de monter et montrer une importante collection d’art brut. Dans sa version parisienne, elle contient plus de 500 œuvres, très diverses dans leurs thèmes, leurs formes, leurs supports. Comprenez le trop-plein d’Alice. En effet, ce fut trop pour bien voir et surtout retenir. Pourtant, quelques pépites surprenantes se trouvent dans le labyrinthe de cet ancien collège. Dommage, elles risquent d’être vite oubliées, noyées dans la masse. Ce foisonnement, en plus du lieu, insolite, donne toutefois une atmosphère très particulière à cette expo. Si vous aimez les doux-dingues et les ambiances arty berlinoises, foncez. 

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Pour rebondir sur le ressenti d’Alice, mon petit doigt me dit que le plan de communication est probablement millimétré. La recette : faites parler de vous sans trop quand même. Organisez une soirée d’inauguration réservée à des VIP. Comptez sur un article du Monde au moment du lancement, puis plus rien. Laissez faire le bouche-à-oreilles. Restez lacunaire et imprécis sur votre site Internet pour cultiver le mystère. N’autorisez l’entrée que sur inscription. Laissez croire aux visiteurs qu’ils participent au rayonnement d’artistes injustement méconnus avec un don à l’entrée. Avec tout ça, s’ils n’ont pas l’impression d’être des privilégiés, d’avoir dégoté le bon plan expo de la saison à se refiler sous le manteau (ou sur son blog), bref d’être au sommet de la hype, il ne vous reste plus qu’à espérer qu’ils diront tout de même du mal de votre projet. La publicité, même critique, reste de la publicité. 

Je pense que Marc-Olivier Wahler ne se prend pas trop au sérieux. Et nous suggère d’en faire de même. Ou suis-je totalement parano ? Pour moi, en tous cas, le but est atteint : mes petites méninges ont bien fait leur boulot de « réflexion sur l’institution artistique contemporaine ».

Confituredine

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Le mois de novembre est un mois terne : la météo est grisounette, les jours fériés sont dédiés aux morts, les journées ont sérieusement raccourci… Heureusement, c’est aussi le mois de la Photo à Paris. Et même, les années paires, c’est un double mois de la Photo : l’officiel et l’officieux. Cette année, j’ai décidé de profiter un peu des deux et ai donc écumé quelques galeries, officielles et officieuses (librairies, petits locaux annexes de restaurant…).

J’ai donc vu diverses œuvres, argentiques ou numériques, noir & blanc ou couleurs, portraits, paysages ou photos conceptuelles, de l’original ou du classique, du qui-m’a-beaucoup-plu et du qui-m’a-laissée-perplexe. Toutes ont cependant eu un point commun (hormis le fait qu’il s’agissait de photos, of course) : exciter ma curiosité et me faire regretter, une fois de plus, de m’y être prise un peu tard (et par conséquent, d’avoir dû renoncer à d’autres). L’an prochain, je ne me ferai pas avoir ! Enfin, j’essaierai…

Lesquelles m’ont le plus plu, me demandez-vous (si si, je suis sûre, vous vous le demandez) ? C’est difficile à dire. Mais je crois quand même qu’il y en a cinq en particulier dont j’ai envie de vous parler, pour cinq raisons complètement différentes :

– celle de Rémi Chapeaublanc, à la librairie Le 29 (une librairie spécialisée dans la photographie), rue des Récollets, à côté de la gare de l’Est (pour ceux qui connaissent, c’est juste à côté du magasin de bombes de peinture « 400ml »). Pourquoi donc ? Pour le parallèle qu’il fait implicitement entre ses portraits d’êtres humains de tous âges et ses portraits d’animaux : les deux sont faits dans les mêmes conditions (posés, devant un fond uni noir) et c’est saisissant (deux jeunes femmes mongoles, d’un côté, cet aigle bec grand ouvert, les plumes hérissées, de l’autre, par exemple) ;

Gods and Beasts

Rémi Chapeaublanc – série Gods and Beats

– celle de Jean-Pierre Porcher, à la Maison de l’architecture d’Île-de-France, juste à côté de la précédente. Le thème en est l’architecture de Le Corbusier , mais encore fallait-il le savoir. Ce qui m’a plu ? Son côté déroutant : on ne sait pas bien ce qu’il a pris en photo (un détail de rampe d’escalier ? un encadrement de fenêtre ?), mais l’impression sur papier Canson donne un aspect de peinture, avec de grandes taches colorées, très agréable à l’œil (mais qui ne se perçoit bien évidemment pas sur écran) ;

Jean-Pierre Porcher, Claustra

Jean-Pierre Porcher, Claustra

– celle de Thibault Brunet, à la galerie Binôme, que vous connaissez désormais. A vrai dire, j’y suis allée davantage parce que j’avais dit que j’y retournerais, et que je tiens (presque) toujours mes promesses, que parce que l’exposition m’intéressait. J’étais loin d’imaginer ce qui m’attendait : un monde parallèle, tout simplement. T. Brunet prend en effet des photos à l’intérieur d’un jeu vidéo ! Comme me l’a expliqué la personne qui tenait la galerie ce soir-là (V. Cazin étant occupée à tenir un stand pour la foire de photo Nofound), ce ne sont pas des copies d’écran comme je le pensais, mais bien des photos prises de l’intérieur, par l’avatar du photographe ! J’avoue que j’ai un peu du mal à concevoir la chose, étant pour ainsi dire nullissime en matière de jeux vidéo, mais le résultat est assez bluffant (mais qui du photographe ou du concepteur du jeu est à remercier ? un peu des deux, en fait…) ;

Thibault Brunet, série First Person Shooter

Thibault Brunet, série First Person Shooter

– celle d’Emilie Vialet et Guillaume Greff, à la galerie Schumm-Braunstein. Elle était sur mon chemin ce soir-là et ne m’aurait peut-être pas fait faire de détour à la simple lecture du descriptif, mais je ne regrette absolument pas d’avoir galéré pour attacher mon vélo. La toute petite rue de Montmorency (oui oui, je m’embourgeoise) ne met pas tellement en valeur ce lieu, mais heureusement, l’étroitesse de la rue est compensée par la chaleur de l’accueil de la galeriste (décidément, il va falloir que je revoie mes préjugés sur la profession…) qui a pris le temps, alors qu’elle était en pleine conception du prochain accrochage avec une artiste, de m’expliquer pourquoi elle avait choisi de regrouper ces photographes, comment elle les avait fait se rencontrer et le projet collectif auquel ils participaient (explorer les lieux « blancs » sur les cartes IGN… je tâcherai de vous en reparler quand j’aurai pris le temps d’en savoir un peu plus). Après la galerie Binôme, une autre belle rencontre, donc ;

– celle, enfin, de Jean-Louis Chabry, au magasin de mobilier Idea, dans le quartier des Halles. La photo utilisée dans le catalogue m’avait interpellée, parce que je connais l’immeuble en question. Aussi, j’étais curieuse de voir le reste, mais sans forcément beaucoup attendre d’une série de photos d’immeubles (le sujet me paraissait un peu commun…). Quel étonnement ! Au premier abord, on croirait que les photos sont prises en panoramique, et puis… il y a un truc qui dérange, mais il est difficile de le définir. Et tout à coup, c’est évident : ces photos sont prises dans des rues souvent étroites (sauf celle sus-mentionnée, justement) et pourtant, on a l’impression d’avoir des dizaines de mètres de recul. En fait, il s’agit de plusieurs photos, accolées les unes aux autres pour donner cette impression de panoramique. Et le plus étonnant (pour moi), c’est que le photographe ne travaille qu’avec de l’argentique : le montage est donc fait au tirage. Et quand on sait le temps que ça prend de faire une seule photo, on imagine le travail de titan que chaque œuvre représente. J’ai vraiment été bluffée.

Jean-Louis Chabry, rue Blanche

Jean-Louis Chabry, rue Blanche (eh oui !)

Maintenant que j’ai fait l’exercice de sélectionner les expositions qui m’avaient plu, j’aurais presque continué sur ma lancée pour vous parler de toutes les autres, mais bon… Je conçois que vous ayiez envie de passer à autre chose. Je m’arrêterai donc là, en vous disant : « À l’année prochaine pour de nouvelles aventures photographiques ! ». Mais je vous préviens : j’envisage de vous faire participer, histoire d’avoir un panel un peu plus large pour la sélection !

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… que je vous fais le coup de l’expo à voir absolument mais qui se termine dans 3 jours.

Cette expo, c’est l’installation de Sophie Calle à la galerie Perrotin. Une des plus célèbres artistes françaises contemporaines pour une des plus fameuses galeries françaises dans le monde de l’art contemporain. Beau programme.

L’exposition, intitulée « Pour la dernière et pour la première fois », réunit un ensemble de films récents, Voir la mer (2011), et une série de photographies, La dernière image, réalisée en 2010 à Istanbul.

Dans la première série, avec une mise en scène identique à chaque fois, S. Calle filme, dos à la caméra, des Stambouliotes qui voient la mer pour la première fois. Au bout de quelques minutes, ils se retournent face caméra afin que celle-ci puisse saisir l’émotion qui les étreint. La présentation dépouillée de l’œuvre et la mise en abyme (vous regardez la mer et ces gens, qui regardent eux-mêmes la mer, pour mieux vous regarder ensuite) servent l’émotion pure qui m’a renversée, moi aussi.

La seconde série montre des triptyques composés, ici aussi, de manière systématique  : portait(s) et photo accompagnée d’un texte décrivant ce que cette dernière montre. En effet, à propos de La dernière image, l’artiste nous explique : « Je suis allée à Istanbul. J’ai rencontré des aveugles qui avaient, pour la plupart subitement, perdu la vue. Je leur ai demandé de me décrire ce qu’ils avaient vu pour  la dernière fois ».

De nombreux échos se font jour entre ces deux ensembles, forts et touchants tous deux. Mais si le premier transpire le calme et la sérénité, le second lui, provoque une angoisse certaine. Il s’agit, dans les deux cas, de montrer l’invisible. Oxymore mais acte de foi pour l’artiste ?

Tant que vous êtes à la galerie Perrotin, ne ratez pas les splendides céramiques de Klara Kristalova. Pour cela, il faudra monter d’un étage. Si vous craignez les ascenseurs, pas d’inquiétude, vous ne pourrez emprunter celui de la galerie (indice ici).

Dire que j’ai failli vous pondre (oui, je suis une poule) un article sur une autre expo coup de cœur, vue samedi dernier et qui s’est terminée dimanche. Je n’ai quand même pas osé vous faire cet affront. Dites, vous ne m’en voulez pas ?

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Pour rentrer de Hongrie, on peut passer par l’Allemagne. C’est le choix que j’ai fait (du moins sur le plan artistique : en vrai, je suis passée par la Suisse, mais bon…), via le centre Pompidou. Le musée d’art contemporain montre en effet, en ce moment, une rétrospective du peintre allemand Gerhard Richter, né en 1932. Vous ne pouvez pas avoir loupé l’affiche, avec un portrait de sa fille de dos, portant une veste à fleurs rouges : on se demande s’il s’agit de peinture ou de photo (comme le portrait de sa 3e femme, Sabine, ci-dessous)…

« Femme lisant devant une fenêtre ouverte », © Gerhard Richter

Les artistes qui, toute leur vie, ont eu un style ou un motif récurrent me font toujours un peu peur. Peut-être parce que je suis moi-même incapable de me concentrer sur une seule chose ? Je ne sais pas. Toujours est-il que, par contraste, je suis fascinée par ceux qui réussissent à changer du tout au tout, que ce soit de manière progressive ou plus brusque, comme c’est visiblement le cas de G. Richter. L’étendue de son talent est impressionnante, et ce encore plus si l’on considère que chacun de ses styles (ou périodes) est poussé à l’extrême. Il passe ainsi de la peinture hyperréaliste, à partir de photos (d’abord issues de journaux ou d’autres artistes, puis les siennes propres), à la peinture rationnalisée (ses palettes de peinture, construites aléatoirement mais avec beaucoup de rigueur), puis à l’abstraction, qu’elle soit monochrome (gris) ou multicolore (avec diverses techniques). Le tout expliqué de manière fort claire par les cartels (pour une fois passionnants !).

© Gerhard Richter

Du coup, je ne saurais dire ce que j’ai préféré : j’ai presque tout aimé ! A tel point que j’ai presque regretté de ne pas avoir d’appareil photo sous la main (mais chuuut, ne le répétez pas ou je vais me faire chambrer par Confituredine !). J’ai toutefois été particulièrement impressionnée par ses paysages maritimes qui, même de très près, entretiennent le doute : photo retouchée ou peinture ? Impossible de distinguer le moindre coup de pinceau sur la toile… et ce n’est pas faute d’avoir essayé de les voir, au risque de réveiller toute l’assistance par les coups de sirène de la sécurité !

« Seestück (See/See) » © Gerhard Richter

Mon seul regret, finalement, c’est que l’exposition soit tout de même, au final, relativement courte. Et si, comme moi, vous n’êtes venus que pour ça, c’est un peu cher ! L’idéal est donc de prévoir le temps nécessaire pour flâner également dans les collections permanentes du musée…

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