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Posts Tagged ‘monologue’

Souvent, je m’aperçois, en me remémorant les semaines écoulées, qu’un thème involontaire s’est imposé dans ma vie culturelle, par période. Au mois de février (achevé le 1er mars, en ce qui me concerne), il semblerait que c’était celui du monologue intimiste et dépaysant. Je me suis en effet retrouvée à quatre reprises face à un-e acteur-trice dévoilant ses souvenirs, ses emportements et émois. Vous le savez, j’ai toujours admiré ces artistes qui réussissent à assurer une présence forte, seuls face à un public pas toujours réactif. Ces quatres pièces ne font pas exception. Et même, elles ont chacune laissé une belle empreinte dans les méandres de mon cerveau.

Les-Tribulations-d-une-etrangere-d-origine

La série a débuté par un retour aux sources de mes études balkaniques, avec Les tribulations d’une étrangère d’origine, écrit et interprété par Elizabeth Mazev (déjà géniale dans Le système de Ponzi), au théatre Ouvert. Les souvenirs de cette Bulgare née en France ont titillé les miens de Française allée en Bulgarie et rassurée quant à mon point de vue sur ce pays, que je craignais un peu trop sévère. J’ai bien ri à l’évocation des passages à la douane et de la sempiternelle chopska salata et je l’ai même trouvée encore plus sévère que moi ! Cela dit, si la performance était incontestablement de qualité (et ce d’autant plus que dans la salle se trouvait une classe de petits cons d’une quinzaine d’années particulièrement odieux, se hélant les uns les autres au milieu du spectacle et insultant les spectateurs qui leur demandaient de se taire… ils en sont même venus aux mains à la fin !), je me demande si les autres spectateurs ont goûté la subtilité de ses allusions. Quelqu’un de non bulgarophone y est-il allé et peut-il m’éclairer ? Malheureusement, le spectacle ne se joue plus (vous vous en doutez : sinon je n’en parlerais pas !).

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De Bulgarie, je suis ensuite allée en Enfer. Mais attention, pas n’importe lequel : celui de Dante, raconté par Serge Maggiani au théâtre de la Ville. La trilogie italienne fait partie de ma looooooooongue liste de livres-que-je-lirai-peut-être-un-jour-quand-je-serai-à-la-retraite (ou pas), et je me suis dit qu’un petit résumé subjectif et vivant ne me ferait pas de mal, en attendant. Ce fut une bonne idée : même si je ne suis finalement pas sûre de lire Dante un jour (un peu trop ambitieux), je suis contente d’avoir écouté S. Maggiani en tirer sa substantifique moelle (je dis « sa » à dessein : c’était là une vision très personnelle de l’œuvre, liée à son enfance et à sa culture italiennes) et des enseignements ô combien actuels (saviez-vous que l’invention du Purgatoire a permis l’essor du capitalisme ? je vous raconterai à l’occasion…).

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En poursuivant le tour de la Méditerranée (ou peut-être était-ce plutôt pour me remonter de l’Enfer ?), la géographie (ou plutôt Confituredine, d’ailleurs, que je remercie encore une fois pour cette excellente idée inattendue !) m’a amenée à Marseille, ou plutôt à Avignon, ou plutôt chez un coiffeur de Naples, ou plutôt au royaume des fées, tiens… Enfin, dans tous ces lieux qui ont bercé l’enfance puis la vie d’actrice d’Ariane Ascaride. Son monologue, Touchée par les fées, à la maison des Métallos, mélangeait avec allégresse les souvenirs de ses grands rôles d’enfance (Isaac, un tabouret…), de sa famille, de ses débuts d’actrice professionnelle… Je l’aimais déjà beaucoup au cinéma, mais ignorais qu’elle faisait également du théâtre (honte à moi). Quelle belle découverte !

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Finalement, pour boucler la boucle, il ne me restait plus qu’à tirer un trait entre le Liban et la France, grâce à la pièce de Darina Al Joundi, au théâtre de La Bruyère (vous avez de la chance, celle-ci se joue encore ! vous n’avez donc aucune excuse). J’avais adoré Le jour où Nina Simone s’est arrêté de chanter et n’ai pas été déçue par Ma marseillaise, qui en est la suite (interprétation toute personnelle : c’est ce que j’ai trouvé, en tout cas) : D. Al Joundi a quitté (fui ?) le Liban qu’elle décrivait dans la première pièce et demandé la nationalité française. Mais pourquoi ? La question a le mérite d’être posée. Même (surtout) quand on est français de naissance…

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Au hasard de mes pérégrinations théâtreuses, j’avais découvert il y a quelques mois le (petit) théâtre Essaïon, niché dans une petite ruelle qui tourne, à deux pas de Beaubourg. J’y étais allée voir Le jour où Nina Simone a cessé de chanter, un très beau monologue de femme, écrit et (magistralement) interprété par Darina Al-Jouni, sur son pays, le Liban, son père, la liberté (ou pas) de la femme, la religion… J’avais à la fois adoré la pièce (son texte, sa mise en scène) et l’atmosphère que procurait cette salle si particulière, aménagée dans les caves voûtées.

Le prospectus croisé par hasard je-ne-sais-plus-où m’informant d’un nouveau monologue de femme dans la même salle, signé cette fois de la grande Simone (de Beauvoir), ne pouvait donc que m’interpeller. Pas plus renseignée que ça et ne me fiant qu’à mon instinct, j’ai été quelque peu surprise de la pièce qui, contrairement à ce à quoi je m’attendais, ne parlait pas du tout de l’émancipation des femmes. Mais ce fut une excellente surprise ! L’histoire est certes un peu sombre (une mère a perdu sa fille et en est devenue folle… à croire que les affaires de deuil me poursuivent !), mais l’interprétation prend aux tripes. Cette impression est peut-être renforcée par la proximité physique entre le public et l’actrice ? Honnêtement, je ne sais pas. Toujours est-il que voir Fane Desrues pleurer à quelques mètres, sentir ses sanglots la secouer encore alors qu’elle salue déjà est une expérience marquante.

Je vous invite vivement à vous laisser impressionner aussi, lundi ou mardi prochains ! (dernières représentations à Essaïon, mais qui sait ? à suivre ailleurs peut-être ?)

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