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Pour rentrer de Hongrie, on peut passer par l’Allemagne. C’est le choix que j’ai fait (du moins sur le plan artistique : en vrai, je suis passée par la Suisse, mais bon…), via le centre Pompidou. Le musée d’art contemporain montre en effet, en ce moment, une rétrospective du peintre allemand Gerhard Richter, né en 1932. Vous ne pouvez pas avoir loupé l’affiche, avec un portrait de sa fille de dos, portant une veste à fleurs rouges : on se demande s’il s’agit de peinture ou de photo (comme le portrait de sa 3e femme, Sabine, ci-dessous)…

« Femme lisant devant une fenêtre ouverte », © Gerhard Richter

Les artistes qui, toute leur vie, ont eu un style ou un motif récurrent me font toujours un peu peur. Peut-être parce que je suis moi-même incapable de me concentrer sur une seule chose ? Je ne sais pas. Toujours est-il que, par contraste, je suis fascinée par ceux qui réussissent à changer du tout au tout, que ce soit de manière progressive ou plus brusque, comme c’est visiblement le cas de G. Richter. L’étendue de son talent est impressionnante, et ce encore plus si l’on considère que chacun de ses styles (ou périodes) est poussé à l’extrême. Il passe ainsi de la peinture hyperréaliste, à partir de photos (d’abord issues de journaux ou d’autres artistes, puis les siennes propres), à la peinture rationnalisée (ses palettes de peinture, construites aléatoirement mais avec beaucoup de rigueur), puis à l’abstraction, qu’elle soit monochrome (gris) ou multicolore (avec diverses techniques). Le tout expliqué de manière fort claire par les cartels (pour une fois passionnants !).

© Gerhard Richter

Du coup, je ne saurais dire ce que j’ai préféré : j’ai presque tout aimé ! A tel point que j’ai presque regretté de ne pas avoir d’appareil photo sous la main (mais chuuut, ne le répétez pas ou je vais me faire chambrer par Confituredine !). J’ai toutefois été particulièrement impressionnée par ses paysages maritimes qui, même de très près, entretiennent le doute : photo retouchée ou peinture ? Impossible de distinguer le moindre coup de pinceau sur la toile… et ce n’est pas faute d’avoir essayé de les voir, au risque de réveiller toute l’assistance par les coups de sirène de la sécurité !

« Seestück (See/See) » © Gerhard Richter

Mon seul regret, finalement, c’est que l’exposition soit tout de même, au final, relativement courte. Et si, comme moi, vous n’êtes venus que pour ça, c’est un peu cher ! L’idéal est donc de prévoir le temps nécessaire pour flâner également dans les collections permanentes du musée…

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Sachez-le, je ne suis pas très amatrice de peinture italienne, que je trouve redondante (toujours les mêmes sujets, mêmes couleurs, mêmes codes figés) et qui, malgré les commentaires souvent dithyrambiques quant à l’expressivité et la finesse, me laisse de marbre (de Carrare, of course). J’ai pourtant essayé : je suis allée voir Titien et Botticelli au Luxembourg, Mantegna au Louvre, Le Caravage à Rome, et j’en passe, mais rien n’y fait. Seules les Noces de Cana de Véronèse trouvent grâce à mes yeux (mais davantage par la foule de détails que ce tableau renferme que par son esthétique).

Aussi, c’est plus par curiosité envers cette rare figure féminine de l’art que par véritable attrait que j’ai accompagné Confituredine rive gauche, au musée Maillol, pour l’exposition Artemisia.

Et j’ai bien fait ! L’histoire de cette Italienne du XVIIe siècle, confrontée aux us et coutumes de son temps, est édifiante (je vous laisse le plaisir de la découvrir), mais ses tableaux ne sont guère plus originaux que ceux de ses contemporains (par leur thème ou par leur traitement). Ses thèmes de prédilection (Judith et Holopherne, mon préféré par ailleurs ; Suzanne au bain ; Yaël et Sisra, que je ne connaissais pas…) sont cependant révélateurs de son rapport aux hommes, et c’est sans doute ce que j’ai préféré : voir pour une fois un (en l’occurence une) artiste de cette époque exprimer dans son œuvre autre chose qu’une réponse disciplinée à une commande.

Pour le reste, j’ai trouvé l’exposition courte (45 minutes en y allant doucement, mais sans audioguide…) et un peu chère (11 euros quand on n’est ni jeune ni vieux) même si, comparé à d’autres expositions (dont nous vous parlerons plus tard), cela reste acceptable.

Alice

Judith et Holopherne - Artemisia Gentileschi

Quant à moi, je me demande depuis quelques jours que vous dire de plus (et si possible d’intelligent) sur cette exposition. Et je sèche lamentablement. Je partage entièrement ce que vous en dit Alice. J’ajouterai simplement que c’est peut-être aussi en raison de l’organisation des œuvres, chronologique mais entrecoupée de regroupements thématiques, et peu « lisible » à mon avis, que l’exposition nous a paru un peu courte. Nous avons cherché une dernière salle en vain, et sommes donc un peu restées sur notre faim.

Artemisia, Pouvoir, gloire et passions d’une femme peintre se termine ce week-end et vaut vraiment que vous passiez faire un tour rue de Grenelle. Si comme nous, vous trouvez l’exposition un peu courte, prenez le temps d’admirer les belles collections permanentes de ce musée que j’aime beaucoup !

Confituredine

 

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Depuis le 12 mars, et jusqu’au 1er août, le musée Jacquemart-André poursuit son exploration de l’Empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais : après les peintres flamands, c’est ainsi au tour de peintres espagnols d’être exposés, par le biais de la collection d’un riche Mexicain, Perez Simon.

Hormis Velazquez et Dali, je ne connaissais jusqu’à peu pas grand-chose à la peinture ibérique, mais un récent cours du soir au Louvre m’avait ouvert quelques perspectives en la matière. J’avais donc bien envie de profiter de l’horaire exceptionnellement nocturne, le lundi, pour aller voir cette expo (mon principal reproche envers ce musée est en effet que, en dehors de ce genre de grandes expositions, leurs horaires obligent les travailleurs dont je suis à se frotter à la foule du week-end…).

Finalement, Arts magazine en a décidé autrement, en conviant ses abonnés à une soirée privée au musée, avec petits fours et conférence de l’un de leurs chroniqueurs (j’allais dire « ma chronique préférée », mais en fait elle est à égalité avec l’ancienne « Chronique du néophyte »). J’ai donc sauté sur l’occasion !

Après quelques péripéties techniques (quand on n’a pas de tête, on a un e-mail et une interlocutrice de bonne volonté…), j’ai donc pu profiter de conditions privilégiées pour admirer quelques tableaux dont le conférencier de l’école du Louvre nous avait parlé (le « Saint Jérome » de Jusepe de Ribera qui fait l’affiche, ou l’« Immaculée conception » de Bartolomé Murillo, par exemple), mais aussi revoir avec plaisir des tableaux de Joaquin Sorolla, que j’avais découvert au Petit Palais début 2007, ou découvrir une œuvre de Salvador Dali que je ne connaissais pas (cf. ci-dessus : « L’ascension du Christ ») et qui m’a laissée bouche bée (je ne suis pourtant pas particulièrement attirée par ce peintre, d’habitude).

Comme son titre l’indique (« Du Greco à Dali »), le programme est vaste et permet de réconcilier les amateurs d’art abstrait et ceux qui ne jurent que par le classicisme. Il vous faut aller admirer ces tableaux ! Malheureusement, vous n’aurez pas la chance d’écouter Christian Monjou vous parler d’eux avec fougue et brio. Du coup, je le crains, l’admiration risque de manquer un peu de passion…ì

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Cela faisait longtemps que je n’étais pas allée au Centre Pompidou en nocturne… alors une exposition toute noire, c’était l’occasion ! En effet, jusqu’au 7 mars, Beaubourg expose Pierre Soulages, peintre rodézien bien connu pour ses monochromes noirs.

Si le principe d’un tableau uni m’attire moyennement, je l’avoue, j’avais bien envie de constater par moi-même si les dires d’Arts magazine, qui conseillait vivement l’exposition, étaient mérités. Et ils l’étaient ! Je suis certes restée un peu sceptique quant au concept d’« outre-noir » inventé par l’artiste pour décrire ses recherches sur sa couleur fétiche, mais il est vrai que les effets de matière obtenus en mixant les types de peinture (acrylique, gouache, encre, brou de noix…) reflètent la lumière superbement. Certains m’ont beaucoup plu, malheureusement, je crains que la photo (sur écran, en plus !) ne rende pas grand-chose : il faut vraiment voir ces tableaux en situation et pouvoir bouger face à eux pour se rendre compte !

En tout cas, cela m’a encore plus donné envie (s’il était besoin) d’aller à Conques, visiter l’abbaye Sainte-Foy, dont P. Soulages a conçu les vitraux. Hélas, je crains que cela ne soit pas avant plusieurs mois… mais qui sait, un jour je vous reparlerai de cette fameuse lumière noire !

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Jusqu’au 20 février, le musée Marmottan propose une exposition réalisée grâce à un échange avec le musée von der Heydt, de Wuppertal : ce dernier expose des œuvres de C. Monet prêtées par Paris tandis qu’ici, nous bénéficions d’œuvres de fauves français et d’expressionnistes allemands et autrichiens appartenant à l’Allemagne.

J’hésitais à aller voir cette exposition, n’ayant de l’expressionnisme qu’un souvenir relativement sombre et amer de mes cours d’allemand du lycée, mais lorsque Arts Magazine (encore et toujours…) m’a proposé une visite privée, je n’ai plus tergiversé… et ne l’ai pas regretté : j’ai notamment appris que Robert Delaunay avait eu une période fauviste, qui m’avait totalement échappée jusque-là, et découvert de nouveaux peintres tels Auguste Herbin (hélas, je n’arrive pas à trouver son Portrait de jeune fille sur Internet pour vous le montrer… alors que c’est très nettement mon coup de cœur de l’exposition !), Adolf Erbslöh (cf. ci-dessus, sa Jeune fille en jupe rouge) ou Wladimir von Bechtejeff.

Finalement, j’aime bien l’art dégénéré ! Ce qui m’épate surtout, c’est de voir comment ils ont représenté la mélancolie, voire le désespoir, de leur période tourmentée, avec des couleurs aussi vives. Cela dépasse mes repères habituels, j’avoue, mais j’aime être déroutée !

En tout cas, il vous reste un mois pour profiter de l’exposition, dans ce petit musée fort sympathique bien qu’excentré. Et si ces expressions vous donnent le blues, vous pourrez toujours revoir la vie en rose devant les Impressions au soleil levant de Monet, dans les collections permanentes !

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Finalement, le ciel m’a été clément, et j’ai réussi à aller jusqu’à Rome la semaine dernière. Du coup, il fallait bien que je visite quelques églises pour remercier ma bonne étoile… mais ce sera l’objet du prochain billet (ou du suivant, sans doute, vu le programme de la semaine…).

Avant, il faut que je vous parle de l’exposition « Caravage – Bacon » que je suis allée visiter à la villa Borghèse (le ciel m’a d’ailleurs également été clément à cet égard puisque, normalement, les visites non réservées étaient closes, mais le gentil monsieur de l’accueil a bien voulu faire une exception et me laisser entrer pendant une heure…).

Arts Magazine m’avait prévenue : le propos de cette exposition était un peu décousu. En effet, le cartel de l’entrée annonçait la couleur : Francis Bacon ne s’est jamais inspiré du Caravage et leurs peintures n’ont pas vraiment de point commun. Si j’ai bien compris, les commissaires de l’exposition voulaient juste exposer deux peintres célèbres. Les salles essayaient d’être vaguement thématiques, mais il fallait lire les panneaux pour le savoir…

La villa Borghèse est réputée pour sa collection de tableaux, qui est effectivement impressionnante. Du coup, l’exubérance des salles empêchait d’apprécier l’exposition temporaire et j’ai sans doute manqué quelques pièces. Heureusement, je connaissais déjà la majorité des tableaux du Caravage présentés (comme ce Judith et Holopherne). Je me suis donc concentrée sur ceux de Bacon, sur lequel j’avais un a priori négatif. Finalement, j’ai bien aimé ses autoportraits et ses reprises du portrait d’Innocent X de Velazquez (seul un exemplaire était exposé, mais il en a fait plusieurs).

Le surréalisme reste toutefois, pour moi, un casse-tête…

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Ce que j’aime dans certains musées comme le musée d’Art moderne de la ville de Paris, c’est la quiétude que l’on peut y trouver. Ils s’affolent parfois lors de certaines expositions temporaires, telle Raoul Dufy l’an dernier, mais la plupart du temps, on peut y profiter pleinement des œuvres sans la foule. Surtout en nocturne. Et encore plus lorsque le thème peut sembler rébarbatif au premier abord !

En ce moment et jusqu’en janvier, l’exposition « Deadline » cherche à comprendre en quoi l’approche de la mort peut influencer la création artistique, à travers les dernières œuvres de douze artistes morts entre 1985 et 2000. Certains montrent un apaisement, parfois rendu nécessaire par le déclin de leurs facultés physiques : c’est surtout le cas de ceux qui sont morts vieux, tels Willem de Kooning (auteur de la peinture ci-dessus) ou Gilles Aillaud (auteur de la peinture ci-dessous). D’autres ont carrément mis en scène leur future mort, causée par la maladie : c’est le cas de James Lee Byard ou de Hannah Villiger.

Je l’avoue, cette exposition n’était pas joyeuse, mais heureusement, j’ai bénéficié d’un contexte particulièrement propice à ce genre de thème introspectif : dans chaque salle, il n’y avait que l’artiste, moi… et un gardien endormi.


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